Ethereum a subi une forte baisse ce mercredi, chutant sous la barre des 3 300 $, une chute amplifiée par une liquidité réduite sur les marchés à terme et des sorties massives de fonds indiciels (ETF). Malgré cette pression vendeuse, certains acteurs majeurs semblent profiter de la situation pour accumuler des actifs.
Le prix de l’éther (ETH) a terminé la journée à 3 277,94 $, en perte de près de 4 %. Cette baisse significative marque une rupture technique importante, effaçant les supports précédemment établis et transformant un simple repli en une véritable correction. Les analystes pointent du doigt une fragilité accrue du marché, exacerbée par des semaines de sorties d’ETF, un ralentissement de l’activité dans la finance décentralisée (DeFi) et une congestion du réseau principal.
Contrairement à Bitcoin, Ethereum a été plus durement touché par ce mouvement baissier, en raison de sa plus grande sensibilité à l’absence d’intérêt macroéconomique, notamment avec la fermeture des marchés américains pendant 43 jours. Les institutions financières ont temporairement suspendu leurs stratégies d’allocation, et la corrélation entre l’ETH et les indices technologiques s’est renforcée, signe d’une période de tensions accrues.
Toutefois, au milieu de cette panique, des signaux encourageants émergent. Les portefeuilles détenant entre 1 et 10 millions d’ETH ont augmenté leurs positions pendant la baisse, interprétant la chute sous les 3 300 $ comme une opportunité d’achat. Un acteur particulièrement notable, identifié sous le nom de « 66kETHBorrow », conserve une position de plus de 385 000 ETH sans procéder à la moindre vente, un comportement inhabituel qui suggère une confiance à long terme.
La pression à la vente est également alimentée par les sorties continues de fonds ETF au comptant sur Ethereum. Plus de 38 millions de dollars ont été retirés ce mercredi, prolongeant une tendance observée depuis plusieurs semaines. À l’inverse, les ETF Bitcoin restent stables, voire légèrement positifs, ce qui accentue la divergence de performance entre les deux crypto-monnaies.
Malgré cette situation, les fondamentaux d’Ethereum restent solides. Plus de 32 millions d’ETH sont actuellement mis en jeu (staked), ce qui contribue à limiter l’offre disponible et à atténuer la pression à la vente à long terme. L’activité sur les réseaux de couche 2, tels qu’Arbitrum, Base et Optimism, reste dynamique, absorbant une partie du volume de transactions.
À l’horizon, la mise à niveau « Fusaka », prévue dans une vingtaine de jours, pourrait constituer un catalyseur positif. Cette mise à jour introduira des améliorations techniques majeures, notamment PeerDAS et Verkle Trees, qui devraient augmenter le débit du réseau et réduire les coûts de transaction. Historiquement, Ethereum a tendance à être sous-évalué avant les mises à niveau importantes, le marché se concentrant sur les fluctuations à court terme plutôt que sur les améliorations structurelles.
Sur le plan technique, le prochain niveau de support se situe autour de 3 250 $. Si ce seuil venait à être franchi, la zone de 3 131 $ pourrait devenir un point d’entrée attractif pour les investisseurs à long terme. Pour amorcer un rebond, l’ETH-USD devra regagner les 3 500 $ et clôturer au-dessus de ce niveau.
Plus de 160 millions de dollars de positions longues sur ETH ont été liquidées sur les principales plateformes de contrats à terme, ce qui a contribué à accentuer la baisse. Les marchés d’options sont également devenus plus pessimistes, avec une préférence pour les stratégies de protection contre les baisses. Cependant, les taux de financement se normalisent, ce qui indique que le marché n’est plus surchauffé.
Selon certains analystes, la baisse actuelle représente une opportunité d’accumulation tactique plutôt qu’un signal de tendance baissière prolongée. Les baleines semblent profiter de la situation pour renforcer leurs positions, et la mise à niveau « Fusaka » pourrait constituer un catalyseur fondamental majeur. Tant que l’ETH-USD maintient la zone au-dessus de 3 250 $, un rebond à la hausse reste envisageable.