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Yours for £1m! David Shrigley puts 10 tons of old rope on display in a gallery | Art and design

Dix tonnes de cordes usagées, voilà le nouveau défi artistique de David Shrigley, exposé dans une galerie branchée de Mayfair à Londres. L’œuvre, vendue au prix d’un million de livres sterling (environ 1,15 million d’euros), interroge avec ironie…

Yours for £1m! David Shrigley puts 10 tons of old rope on display in a gallery | Art and design

Dix tonnes de cordes usagées, voilà le nouveau défi artistique de David Shrigley, exposé dans une galerie branchée de Mayfair à Londres. L’œuvre, vendue au prix d’un million de livres sterling (environ 1,15 million d’euros), interroge avec ironie la valeur de l’art et la propension du marché à transformer n’importe quel objet en investissement.

L’installation, constituée de montagnes de cordes marines destinées à la décharge, est le fruit de mois de collecte par l’artiste britannique. Difficile de recycler ce type de matériau, et les quantités gaspillées à travers le monde sont considérables. Shrigley a donc décidé de les assembler et de leur attribuer une valeur marchande démesurée, poussant à l’extrême l’expression « payer des cordes ».

L’œuvre, récupérée auprès d’écoles d’escalade, d’élagueurs, de parcs éoliens offshore et d’échafaudages, ne prétend pas à une profondeur philosophique particulière. Il s’agit plutôt d’une idée menée à son terme logique, d’un jeu de mots littéralement incarné, selon les propres termes de l’artiste.

« C’est obscène, ridicule et drôle », résume un observateur. L’œuvre invite à une dissection conceptuelle, à une tentative de démêler des fils qui, en réalité, ne tissent rien de cohérent. Shrigley, connu pour ses dessins minimalistes accompagnés de phrases laconiques, poursuit ici sa démarche de décalage et d’humour grinçant.

L’artiste semble reconnaître implicitement l’absurdité de la démarche artistique contemporaine. Il interroge la valeur de l’art, mais sans pour autant s’intéresser aux considérations financières.
« Qu’importe si quelqu’un souhaite dépenser des millions pour un vieux lit sale, une lumière qui s’allume et s’éteint ou une banane pourrie scotchée à un mur ? Ce que font les riches avec leur argent est aussi pertinent pour moi que ce qu’ils prennent au petit-déjeuner », a-t-il déclaré.

Cette provocation prend une résonance particulière dans un contexte économique difficile pour les galeries d’art, comme l’a montré la récente annonce de pertes importantes par SFG. Shrigley semble ainsi suggérer que le public est prêt à acquérir n’importe quoi, une observation qui peut sembler paradoxale alors même que les ventes sont en baisse.

L’œuvre de Shrigley rappelle l’œuvre de Maurizio Cattelan, notamment sa célèbre toilette en or volée, ou encore sa banane scotchée à un mur vendue à un prix exorbitant en 2019. Cependant, le marché de l’art, moins euphorique qu’à l’époque, rend les réflexions sur la valeur financière de l’art moins évidentes.

Malgré tout, l’installation de Shrigley parvient à désarmer et à séduire. L’artiste invite le spectateur à se perdre dans des réflexions profondes sur des piles de cordes, un paradoxe qui souligne l’absurdité de la situation. Au final, il ne s’agit que de vieilles cordes, et c’est précisément ce qui rend l’œuvre intéressante.

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.