Home AffairesNouveaux chiffres de l’argent de l’IA Le contrat est au point mort.

Nouveaux chiffres de l’argent de l’IA Le contrat est au point mort.

by Amélie Bernard

Publié le 28 novembre 2024. Après neuf ans de négociations infructueuses, les journalistes italiens entament une grève nationale pour obtenir une mise à jour de leur convention collective, confrontant les éditeurs à des revendications salariales et professionnelles ambitieuses à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle.

La Fédération nationale de la presse italienne (FnSI) a proclamé une grève nationale ce samedi 28 novembre, une décision rare et significative dans un secteur où les mouvements sociaux sont souvent ignorés, notamment par certains journaux de centre-droit qui ont continué à publier malgré les appels à la grève ces dernières années.

Au cœur du conflit se trouve l’absence de convention collective actualisée depuis 2016, une période durant laquelle le paysage médiatique a radicalement évolué. La FnSI réclame une adaptation des règles aux réalités du journalisme numérique et une prise en compte des nouvelles professions émergentes, tout en encadrant l’intégration de l’intelligence artificielle dans les rédactions.

Des écarts importants sur les salaires

Les négociations ont échoué, notamment en raison de divergences profondes sur les questions salariales. La FnSI propose une augmentation mensuelle du salaire minimum d’au moins 410 euros pour compenser l’inflation de 19,3 % enregistrée entre 2017 et 2024. La Fédération des éditeurs (Fieg) a quant à elle proposé une augmentation de 150 euros bruts par mois, sous forme d’élément distinct du salaire (Edr) qui n’affecte pas l’ancienneté, les heures supplémentaires ou les primes. La FnSI aurait accepté 250 EDR, à condition d’un gel des salaires pendant trois ans et d’une compensation ponctuelle pour les neuf années sans renouvellement de la convention.

La FnSI réclame également une augmentation des augmentations périodiques d’ancienneté, passant de 6 à 7 %, ainsi qu’une indexation du salaire minimum sur l’indice des prix à la consommation. Elle souhaite également une revalorisation des rémunérations pour les articles 2 et 12, avec un minimum de 70 % du salaire des employés permanents.

Nouvelles embauches et conditions de travail

Les éditeurs, de leur côté, souhaitent mettre en place une nouvelle architecture salariale à faible coût pour les nouvelles recrues, ce qui entraînerait une baisse de salaire comprise entre 15 et 20 % pour les journalistes entrant dans les rédactions. La FnSI s’oppose fermement à cette proposition et demande notamment une réduction de l’indemnité compensatoire pour les postes de direction, ainsi qu’une suppression de certaines qualifications de chef de département adjoint.

Parmi les autres revendications de la FnSI figurent également 24 jours de congés payés, la suppression de cinq jours de congé extraordinaire payé, et le droit au télétravail pour trois à quatre jours par mois.

L’impact de l’IA et les nouvelles professions

La FnSI insiste sur la nécessité de reconnaître et d’intégrer les nouvelles professions liées au journalisme numérique, telles que l’éditeur numérique (éditeur web), le photojournaliste, le vidéaste, le community manager, le développeur web, le data journaliste, et l’éditeur de fact-checking. Elle souhaite également mettre à jour l’article 42 de la convention collective concernant les innovations technologiques, en imposant un accord préalable avec les comités de rédaction pour l’introduction de l’intelligence artificielle dans les rédactions, et en garantissant que le travail des journalistes ne soit pas remplacé par l’IA.

En outre, la FnSI demande une répartition des revenus générés par les accords commerciaux entre les éditeurs et les grandes plateformes de vente d’articles, avec une part de 5 % revenant aux journalistes, ainsi qu’un accès des comités de rédaction aux conséquences économiques de ces accords.

Autres revendications

La FnSI a également soulevé des questions concernant la gestion des collaborateurs externes, en demandant une meilleure rémunération, l’organisation de l’équipe éditoriale web, la limitation du nombre de journaux dirigés par un seul directeur, et des congés supplémentaires pour la formation obligatoire. Elle réclame également la reconnaissance des unions civiles pour l’attribution des congés de mariage, et l’exclusion des jours d’absence pour maladies graves (hémodialyse, chimiothérapie, traitement du VIH-SIDA) du calcul des jours de maladie.

(Sur la photo, Alessandra Costante, secrétaire de la FnSI)

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