Tension à Belém : Les peuples autochtones d’Amazonie perturbent la COP30 pour défendre leurs terres
Belém, Brésil – La 30ème Conférence des Parties (COP30) sur le climat, qui se tient actuellement à Belém, est le théâtre de tensions croissantes. Des membres de la communauté Munduruku, peuple indigène d’Amazonie, ont bloqué l’entrée principale du centre de conférences ce matin, empêchant temporairement l’accès aux participants.
Vêtus de leurs parures traditionnelles, les manifestants ont encerclé le bâtiment pendant plus d’une heure et demie, exprimant leur colère face à des projets gouvernementaux qu’ils jugent menaçants pour leurs terres et leur mode de vie. Ils réclament notamment l’annulation du plan national de voies navigables et d’un projet de chemin de fer destiné au transport de céréales, ainsi qu’une clarification des frontières territoriales et la fin du système d’échange de droits d’émission de carbone, qu’ils dénoncent comme une “vente de la forêt”.
Cette action s’inscrit dans un mouvement de protestation plus large, les organisations environnementales soutenant les peuples autochtones dans leur lutte pour la préservation de l’Amazonie et la protection de leurs droits. Les militants dénoncent une situation où les communautés locales sont privées de leur autonomie au profit d’intérêts économiques.
L’incident a forcé les participants à la conférence à emprunter des itinéraires alternatifs. Le président de la COP30, Andre Cojea Duragu, a pris le temps d’écouter les revendications d’un manifestant, tenant même un bébé dans ses bras. Il a reconnu la légitimité des préoccupations autochtones, promettant de les prendre en compte dans les négociations.
“Les préoccupations des peuples autochtones sont légitimes et fortes,” a déclaré M. Duragu. “J’ai eu des conversations positives et constructives avec eux et je m’efforcerai de répondre à leurs préoccupations.”
Cette manifestation fait suite à un incident survenu le 11, où une personne a été blessée lors d’une altercation entre des manifestants et des agents de sécurité. Le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, qui s’est engagé à protéger les forêts tropicales, avait annoncé son intention d’accroître la participation des peuples autochtones à la COP30, envisageant même une session dédiée à leurs préoccupations. Cependant, les autorités ont également évoqué la nécessité de renforcer la sécurité sur le site.
Les organisateurs s’attendent à de nouvelles manifestations, potentiellement plus importantes, ce week-end, notamment le premier samedi de la conférence, traditionnellement marqué par des rassemblements de grande ampleur. La situation souligne la complexité des enjeux liés à la lutte contre le changement climatique et à la protection des droits des peuples autochtones en Amazonie.
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