Publié le 15 novembre 2025 16:49:00. Les agriculteurs français bénéficient actuellement d’un pouvoir d’achat accru par rapport aux campagnes précédentes, notamment grâce à la bonne performance du tournesol, mais la situation varie considérablement selon les cultures et les intrants.
- Le tournesol offre un pouvoir d’achat significativement supérieur, permettant d’acquérir plus facilement les intrants nécessaires.
- Les relations entre les autres cultures et les engrais sont globalement neutres, à l’exception du blé qui présente des conditions d’échange défavorables.
- Les prix du glyphosate, après une période de baisse, montrent des signes de remontée, tandis que le diesel reste relativement abordable.
La campagne agricole actuelle se distingue par une capacité financière plus importante pour les exploitants agricoles, en particulier pour ceux qui cultivent du tournesol. Cette culture affiche une performance particulièrement favorable en termes de pouvoir d’achat, surpassant les résultats des années précédentes.
Cette situation est due aux prix soutenus des oléagineux, tant sur le marché immédiat que pour les récoltes à venir, ce qui facilite l’acquisition des intrants essentiels à la production. À titre d’exemple, il faut actuellement 43 % de tournesol en moins pour acheter 100 litres de diesel qu’il y a trois ans. Des avantages similaires se constatent pour les herbicides, les engrais, la main-d’œuvre et les services de transport.
En revanche, les relations entre les autres cultures et les engrais se maintiennent à des niveaux neutres, sans avantage ou inconvénient notable lors de l’échange de céréales contre de l’urée ou du phosphate monoammonique. Il faut ainsi 1 % de maïs en moins que la moyenne des trois dernières années pour acquérir une tonne d’urée. Le blé constitue une exception, avec des conditions d’échange moins favorables : il faut 21 % de plus qu’en moyenne pour acheter la même quantité d’urée.
Concernant le phosphore, une hausse des prix internationaux est observée, mais le marché français n’a pas encore totalement intégré ces augmentations, les prix se stabilisant autour de 900 dollars la tonne (environ 830 euros).
Du côté des produits agrochimiques, le glyphosate montre des signes de reprise après avoir atteint des niveaux historiquement bas en 2024 et au premier semestre 2025. On observe une première réaction haussière en octobre et novembre, après une longue période de relations d’achat très favorables entre les céréales et ce produit. Il reste à déterminer si les agriculteurs maintiendront leur demande, même avec un herbicide plus cher, étant donné la tendance à la hausse des prix internationaux. Actuellement, il faut 22 % de soja en moins et 20 % de maïs en moins qu’en moyenne pour acheter 100 litres de glyphosate.
Les relations entre les prix des céréales et les coûts de main-d’œuvre et de transport restent favorables. Cette situation est liée à la forte appréciation du taux de change en juin (environ 20 %), qui a amélioré le pouvoir d’achat des céréales par rapport à ces coûts, qui n’ont pas augmenté dans la même proportion. Cet ajustement a été particulièrement bénéfique pour les agriculteurs, car le fret représentait une part importante des coûts de la campagne agricole 2024/25.
Le prix du diesel reste inférieur à un dollar le litre, ce qui en fait un intrant relativement abordable par rapport aux prix de 2024. Cependant, une augmentation progressive des prix des carburants et des coûts associés (main-d’œuvre et fret) est prévisible à mesure que la saison avance, ce qui pourrait atténuer la situation favorable actuelle.
En conclusion, au-delà de certaines fluctuations spécifiques des prix des intrants, la situation générale est stable. Le principal facteur déterminant les décisions d’achat reste le prix des céréales, qui reflète des situations très différentes selon les cultures. Il est donc essentiel de rester attentif aux fondamentaux de chaque produit et à l’évolution de la conjoncture macroéconomique pour profiter des opportunités qui se présentent.
L’auteur est analyste chez AZ-Group
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