Brighton continue de se distinguer sur la scène psychédélique avec l’émergence d’Oral Habit, un trio qui propose une version abrasive et énergique du genre, loin des clichés habituels. Le groupe prépare actuellement son premier album, dont la sortie est prévue pour l’année prochaine.
La ville de Brighton, déjà connue pour son festival de musique psychédélique et sa société de promotion d’événements, Acid Box, ne manque pas de groupes explorant les sonorités lysergiques. Oral Habit se démarque toutefois par son approche singulière, qu’ils décrivent comme « le rêve psychique assourdissant de punks acides étouffés ». Loin des ambiances planantes du Summer of Love, leur musique évoque plutôt le chaos désorientant du freakbeat des années 1960, tout en sonnant résolument contemporaine, adaptée à l’atmosphère troublée de 2025.
Ce qui a débuté comme un projet d’enregistrement personnel mené par Charlie Hales s’est transformé en un trio avec l’arrivée de son frère, Felix, à la batterie, et de sa partenaire, Tippi Lewis, à la basse. Leur EP récent, Garage Frock!, s’appuie sur les fondations posées par Cardiovascular Spectacular, offrant quatre morceaux courts et intenses. Le résultat est un mélange impressionnant de fuzz de guitare, de voix saturées d’écho, de solos imprégnés de larsen et de riffs primitifs, le tout enregistré avec les potentiomètres au maximum, y compris celui du mellotron qui agrémente le titre I’m Free. Même le morceau qui débute comme une ballade, The Coast, finit par céder à un grind lourd et boueux.
L’intention du groupe est claire, comme l’explique Charlie Hales : « Si un bouton est là, c’est pour être enfoncé ». Cette philosophie se traduit par une musique explosive et sans concession, qui ne laisse pas indifférent.
Dans le même esprit, d’autres artistes se distinguent cette semaine :
- Bill Callahan – The Man I’m Supposed to Be : après une période plus contemplative, Callahan explore un côté plus sombre et introspectif, regrettant : « Je ne veux plus être l’homme que je suis », avant de conclure sur un rire espiègle.
- Robyn – Dopamine : plus néon que son album Honey (2018), ce retour de Robyn cache des réflexions complexes sur la chimie de l’attraction, le désespoir et le fatalisme, le tout enveloppé d’une euphorie inspirée de Moroder et Daft Punk.
- Ms Banks – 4C : le titre fait référence à la texture des cheveux afro de l’artiste britannique, qu’elle assume pleinement. Son flow rapide et incisif symbolise son refus d’être enfermée dans des cases.
- Mandy, Indiana – Magazine : un « cri primal et vengeur » après un viol, exprimé à travers un cataclysme sonore, entrecoupé d’une pause minimaliste de techno avant de sombrer dans un bruit diabolique.
- Poppy – Bruised Sky : la mélodie du refrain pourrait facilement s’inscrire dans un registre dream-pop ou folk, mais elle flotte en réalité au-dessus d’un paysage de metalcore compressé et anguleux, sur lequel Poppy se jette avec un rugissement démoniaque.
- Bleech 9:3 – Jacky : le premier single du groupe irlandais, Ceiling, était une tempête joyeuse, et ce nouveau morceau ne déçoit pas. On y retrouve des échos de Wunderhorse dans le refrain énergique, au milieu d’une foule de guitares.
- Tony Bontana – Battered Chips : aperçu récemment sur l’album The Passionate Ones de Nourished By Time, le rappeur de Birmingham glisse sur ce beat lo-fi pulsant, célébrant la vie dans l’instant présent sous un nuage de fumée de cannabis.
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