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Frapper les bureaux de paris est un pari perdu pour les courses hippiques

Publié le 16 novembre 2025 à 14h00. Les agences de paris, bien plus que de simples lieux de jeux, sont menacées par les restrictions budgétaires, mettant en péril des emplois, des revenus pour le secteur hippique et la…

Frapper les bureaux de paris est un pari perdu pour les courses hippiques

Publié le 16 novembre 2025 à 14h00. Les agences de paris, bien plus que de simples lieux de jeux, sont menacées par les restrictions budgétaires, mettant en péril des emplois, des revenus pour le secteur hippique et la vitalité des communautés locales.

  • Les agences de paris contribuent à hauteur de 60 % aux revenus des courses hippiques via les prix, les droits médiatiques et les revenus réguliers.
  • Plus de 1 000 agences de paris sont au bord de la faillite en raison de l’augmentation des coûts, notamment de l’assurance nationale et du salaire minimum.
  • Le gouvernement britannique envisage de regrouper les agences de paris avec les banques en matière de fiscalité, une classification jugée injuste.

Les agences de paris sont bien plus que de simples points de vente. Elles constituent un lieu de rencontre pour les amis, un espace d’échange de conseils autour d’un café et un point de rassemblement pour les passionnés de courses hippiques britanniques. Elles sont au cœur de la vie sportive et jouent un rôle essentiel dans l’économie locale.

Alors que le gouvernement britannique prépare son budget, une décision pourrait avoir des conséquences désastreuses pour le sport, l’emploi dans le commerce de détail et les économies locales. Entain, l’un des principaux opérateurs, exploite plus de 2 300 agences à travers le Royaume-Uni. Selon l’entreprise, 60 % de ses contributions financières aux courses proviennent de ces établissements. Une fermeture massive des agences entraînerait une perte significative des prix en argent, des droits médiatiques et des revenus indispensables aux entraîneurs, aux jockeys et aux hippodromes.

L’économie des paris de détail est particulièrement fragile. L’augmentation des coûts, liée à la hausse de l’assurance nationale et du salaire minimum vital, a poussé plus de 1 000 agences au bord du gouffre. Chaque agence contribue en moyenne à plus de 100 000 £ par an en taxes, en redevances et en prélèvements sur les courses. Leur disparition entraînerait une perte de revenus considérable pour l’État.

Par ailleurs, le nouvel allègement des tarifs du commerce de détail, de l’hôtellerie et des loisirs, prévu pour avril prochain, exclut injustement les agences de paris, ainsi que les hippodromes eux-mêmes. Le gouvernement les a regroupées avec les banques sous la rubrique « services financiers », une classification jugée aberrante et injuste par les acteurs du secteur.

Entain se dit favorable à la modernisation de la réglementation des jeux de hasard, notamment à la suppression du principe obsolète « viser à autoriser » contenu dans la loi de 2005. L’entreprise comprend également la volonté des conseils municipaux et des habitants d’avoir davantage leur mot à dire sur l’aménagement de leurs rues principales. Cependant, elle insiste sur la nécessité de reconnaître que les agences de paris sont des pôles communautaires aux marges modestes, et non des services financiers à fort chiffre d’affaires. Une catégorisation correcte est essentielle pour qu’elles puissent bénéficier d’un allègement des tarifs commerciaux.

Une augmentation des impôts aggraverait les difficultés rencontrées par les agences de paris, entraînant des fermetures et mettant en péril le financement des courses. L’entreprise craint notamment pour l’avenir des nombreux entraîneurs de chevaux de course qui opèrent avec des marges faibles et emploient du personnel aux salaires modestes. Les agences de paris financent une grande partie de cet écosystème, et leur fragilité menace l’ensemble du secteur.

Il est également erroné de penser que les courses peuvent être protégées en les excluant de toute augmentation d’impôts affectant le secteur des paris et des jeux. Selon Entain, nuire à une partie du produit de l’industrie des paris affecte l’ensemble du secteur, qui est indissociable.

Une telle mesure risquerait également de pousser les clients vers le marché noir, où les courses ne percevraient aucun revenu. L’expérience aux Pays-Bas a déjà montré que cette situation conduit à une baisse des revenus contre-productive.

Entain se présente comme l’un des plus gros contribuables du Royaume-Uni, avec une contribution de plus de 500 millions de livres sterling l’année dernière et le soutien de 14 000 emplois. L’entreprise ne demande pas de traitement de faveur, mais une politique intelligente.

La leçon est claire : il faut protéger les agences de paris, garantir des tarifs commerciaux équitables et adopter une approche équilibrée en matière de fiscalité. Elles font partie de la solution, et non du problème. Assurer leur avenir est essentiel pour les courses, les communautés locales qu’elles soutiennent et les milliers d’emplois qu’elles permettent.

En fin de compte, affaiblir nos agences de paris est un pari perdu pour les courses hippiques.


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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.