Publié le 16 novembre 2025 à 13h57. Le champ magnétique terrestre, véritable bouclier protecteur contre les radiations cosmiques, subit des transformations notables. Des mesures récentes révèlent un affaiblissement au-dessus de l’Amérique du Sud, un recul de la zone de forte intensité magnétique au Canada, et une augmentation surprenante de la puissance en Sibérie.
- L’anomalie de l’Atlantique Sud, zone de faiblesse du champ magnétique, s’étend et se divise.
- La région magnétique du Canada, traditionnellement puissante, voit sa superficie diminuer.
- La Sibérie enregistre une augmentation significative de son champ magnétique, modifiant l’attraction magnétique de l’hémisphère nord.
Le champ magnétique terrestre, souvent perçu comme une constante, est en réalité un système dynamique, façonné par les mouvements du fer liquide au cœur de notre planète. Ces mouvements créent des forces qui influencent le champ magnétique de manière plus complexe qu’on ne le pensait auparavant. Des observations récentes, issues de la mission européenne Swarm, mettent en lumière des changements inattendus dans sa configuration.
Depuis onze ans, une constellation de trois satellites suit l’évolution du champ magnétique, fournissant un enregistrement continu sans précédent. Ces données révèlent une expansion notable de l’anomalie de l’Atlantique Sud, une zone de faiblesse déjà connue depuis le XIXe siècle. Là où le champ magnétique s’étend généralement sur environ 650 kilomètres au-dessus de la surface terrestre, il ne descend plus qu’à 200 kilomètres au-dessus de l’Amérique du Sud. Cette diminution de la protection magnétique expose davantage les satellites qui traversent cette zone aux rayonnements cosmiques, pouvant affecter leur fonctionnement.
Selon l’Agence spatiale européenne (ESA), cette zone affaiblie a augmenté depuis 2014 d’une superficie équivalente à près de la moitié de l’Europe. De plus, elle semble se diviser en deux parties : la zone principale au large de l’Amérique du Sud, et un nouveau « lobe » qui se forme en direction de l’Afrique, où le champ magnétique s’affaiblit le plus rapidement. Plus d’informations sur l’ESA.
Parallèlement à ces évolutions en Amérique du Sud, les données de Swarm indiquent un recul de la zone de forte intensité magnétique au Canada. Depuis 2014, sa superficie a diminué d’une zone comparable à celle de l’Inde. Bien que cette baisse ne soit pas spectaculaire, elle s’inscrit dans une tendance à long terme, corrélée au déplacement du pôle nord magnétique vers la Russie depuis plusieurs années. Ce changement affecte également la navigation et nécessite des mises à jour plus fréquentes des modèles magnétiques globaux.
À l’opposé, la Sibérie connaît un renforcement de son champ magnétique. La superficie de la zone d’intensité accrue a augmenté d’une superficie équivalente à celle du Groenland au cours des onze dernières années. Cette croissance est suffisamment stable pour influencer l’attraction magnétique de l’hémisphère nord, expliquant le déplacement du pôle nord magnétique vers la Russie. Les scientifiques attribuent ces changements aux courants profonds dans le fer liquide du noyau terrestre, qui modifient la répartition du flux magnétique à la surface de la planète.
Ces modifications du champ magnétique ne présentent pas de danger immédiat pour la vie sur Terre, l’atmosphère continuant à offrir une protection adéquate. Cependant, elles sont plus préoccupantes pour les technologies spatiales, notamment les satellites, qui sont plus vulnérables aux rayonnements dans les zones de faible champ magnétique. Certains satellites au-dessus de l’Amérique du Sud passent même en mode de sécurité pour éviter des dysfonctionnements.
Les experts s’attendent à ce que ces tendances se poursuivent dans les années à venir. La mission Swarm devrait continuer à surveiller le champ magnétique jusqu’en 2030 au moins, et la période de moindre activité solaire à venir permettra d’obtenir des données encore plus précises. En savoir plus sur les découvertes de Live Science.
Sources : esa.int, livescience.com