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La cour d’appel norvégienne soutient les militants du climat dans le conflit des permis pétroliers

Oslo – La justice norvégienne a porté un nouveau coup aux projets pétroliers du pays en invalidant définitivement vendredi trois permis d'exploration en mer du Nord. Cette décision, confirmée en appel, fait suite à un recours déposé par…

La cour d’appel norvégienne soutient les militants du climat dans le conflit des permis pétroliers

Oslo – La justice norvégienne a porté un nouveau coup aux projets pétroliers du pays en invalidant définitivement vendredi trois permis d’exploration en mer du Nord. Cette décision, confirmée en appel, fait suite à un recours déposé par des associations de défense de l’environnement qui dénonçaient des études d’impact environnemental lacunaires.

La cour d’appel a estimé que l’impact climatique et les émissions de gaz à effet de serre liés à l’exploitation des champs de Tyrving, Breidablikk et Yggdrasil n’avaient pas été suffisamment pris en compte lors de l’attribution des permis. Elle a ainsi donné raison à Greenpeace Scandinavie et à l’organisation Nature et Jeunesse, qui avaient introduit le recours en 2023.

« L’impact sur le climat et les émissions de la combustion (du pétrole et du gaz issus des champs) n’a pas été suffisamment étudié ou évalué », a souligné le tribunal dans sa décision.

Cette décision intervient après un premier jugement favorable aux associations en janvier 2024, contesté par le ministère norvégien de l’Énergie. Le ministère avait alors argué qu’il n’existait aucune raison de suspendre les projets.

Sigrid Hoddevik Losnegard, présidente de Nature et Jeunesse, s’est réjouie d’une « victoire pour nous et pour notre avenir ». « La lutte pour le climat est vraiment prise au sérieux », a-t-elle déclaré dans un communiqué, appelant les autorités politiques à « mettre un terme à ces gisements de pétrole une fois pour toutes ».

Frode Pleym, directeur de Greenpeace Norvège, a également salué cette décision, la considérant comme un signe fort de la part de la justice. « Si l’on regarde les récentes décisions de justice sur le climat, elles ne portent pas seulement sur la nature mondiale de la crise, mais aussi sur ce que les États doivent faire », a-t-il affirmé. « La nécessité pour les gouvernements de protéger leurs citoyens des dommages climatiques est désormais devenue trop évidente pour être ignorée et, heureusement, les juges du monde entier s’en rendent compte. »

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de recours juridiques croissants liés au changement climatique. Fin octobre, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) avait jugé que la Norvège n’avait pas violé ses obligations climatiques en accordant des licences d’exploration pétrolière et gazière dans l’Arctique en 2016. Cependant, en 2024, la CEDH a condamné la Suisse pour son manque d’action face au changement climatique, une première décision de ce type contre un État.

En juillet 2025, la Cour internationale de Justice (CIJ) a également qualifié le changement climatique de « menace urgente et existentielle », rappelant aux pays leur obligation légale, en vertu du droit international, de prévenir les dommages causés par leur pollution. L’avis consultatif de la CIJ, bien que non juridiquement contraignant, a souligné que les États qui ne respectent pas leurs engagements climatiques commettent un « acte illicite ».

La Norvège, principal producteur de pétrole et de gaz d’Europe occidentale, est régulièrement critiquée par les militants pour le climat, qui l’accusent de privilégier ses intérêts économiques au détriment de la lutte contre le réchauffement climatique.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.