Washington a opéré un revirement majeur dans sa stratégie de lutte contre le sans-abrisme, privilégiant désormais les abris d’urgence et les traitements pour toxicomanie au détriment des programmes de logement permanent, une approche longtemps favorisée en Californie.
Ce changement de politique, annoncé par le ministère américain du Logement et du Développement urbain (HUD) peu après la reprise des activités du gouvernement fédéral, va rediriger une part importante des quelque 4 milliards de dollars (environ 3,7 milliards d’euros) de fonds fédéraux alloués à la lutte contre le sans-abrisme pour l’exercice 2025. Les juridictions ne pourront désormais consacrer que 30 % de ces subventions au financement de logements permanents, alors que certaines, comme le comté de Los Angeles, allouaient plus de 80 % de leurs fonds à cette solution à long terme.
L’administration du président Donald Trump justifie cette décision par la volonté de sortir rapidement les personnes des rues et d’encourager leur participation à des programmes de traitement contre la toxicomanie. Scott Turner, secrétaire au HUD, a déclaré que cette nouvelle approche mettrait fin à « la caisse noire de l’ère Biden » et à une « dépendance sans fin envers le gouvernement ». Il a également critiqué l’exclusion des organisations confessionnelles en raison de leurs valeurs.
Cette décision suscite de vives inquiétudes parmi les associations d’aide aux sans-abri. Le National Homelessness Law Center estime que cette politique pourrait contraindre environ 170 000 personnes à quitter les logements sociaux et à retourner à la rue. « L’approche de Trump à l’égard du sans-abrisme va aggraver la vie de la plupart des gens, gaspiller l’argent des contribuables et, à la place, diriger l’argent des contribuables vers des approches démystifiées, réfutées et échouées en matière de sans-abrisme », a déclaré Jesse Rabinowitz, porte-parole de l’organisation.
La nouvelle politique cible également les initiatives visant à promouvoir la diversité et l’inclusion au sein des organisations, l’accompagnement des personnes transgenres et les stratégies de « réduction des méfaits » destinées à diminuer le nombre de décès par surdose en permettant aux personnes dépendantes de consommer des drogues de manière plus sûre. Les fonds fédéraux ne pourront plus être utilisés pour soutenir ces actions.
Par ailleurs, un juge fédéral californien a bloqué une demande de règlement de 1,2 milliard de dollars (environ 1,1 milliard d’euros) formulée par l’administration Trump à l’encontre de l’université UCLA. La juge Rita Lin a estimé que cette demande, qui menaçait de geler les subventions de recherche de l’université, était « coercitive et de représailles ». Cette décision limite la capacité de l’administration Trump à retenir les subventions pour l’ensemble du système universitaire de Californie.
Enfin, un rapport récent met en évidence l’impact croissant des centres de données californiens sur la consommation d’électricité et les émissions de carbone, qui ont presque doublé entre 2019 et 2023. Les coûts de santé publique liés à la pollution de l’air associée à ces infrastructures pourraient être passés de 45 millions de dollars (environ 41,5 millions d’euros) à plus de 155 millions de dollars (environ 143 millions d’euros) au cours de la même période.