Home AffairesDes fausses informations faisant état de « transactions anormales de logements pour des étrangers » aux échanges illégaux d’argent… États-Unis, Chine

Des fausses informations faisant état de « transactions anormales de logements pour des étrangers » aux échanges illégaux d’argent… États-Unis, Chine

by Amélie Bernard

Publié le 17 novembre 2025 à 15h00. Une enquête du ministère du Territoire, de l’Infrastructure et des Transports révèle des irrégularités significatives dans les transactions immobilières réalisées par des étrangers en Corée du Sud, soulevant des questions sur le blanchiment d’argent et l’évasion fiscale.

  • Près de 48% des transactions immobilières étrangères examinées (438 cas) présentent des anomalies suspectes.
  • Les faux rapports de prix de transaction et les dons illégaux de fonds sont les pratiques les plus courantes.
  • Les transactions illégales sont particulièrement concentrées à Séoul et dans la province de Gyeonggi, mais également observées dans d’autres régions du pays.

Le ministère du Territoire, de l’Infrastructure et des Transports a annoncé le 17 novembre avoir détecté 290 cas de transactions immobilières potentiellement illégales impliquant des acheteurs étrangers, sur un total de 438 transactions anormales examinées entre juin 2023 et mai 2024. L’enquête, menée à l’échelle nationale, met en lumière des schémas de fraude similaires à ceux observés chez les acheteurs nationaux.

Les irrégularités les plus fréquentes concernent des déclarations de prix de transaction inexactes, avec 162 cas de « contrats à la hausse/à la baisse » – des pratiques visant à dissimuler la valeur réelle des biens. L’enquête a également révélé 57 cas de dons illégaux de fonds entre membres de familles ou de transferts de fonds d’entreprises vers des acquisitions immobilières personnelles. D’autres méthodes frauduleuses incluent le recours à des « opérations de change » illégales pour transférer des fonds depuis l’étranger (39 cas), ainsi que des montages financiers complexes impliquant des fiducies de titres (14 cas) et des activités de location non autorisées (5 cas).

Des exemples concrets illustrent l’ampleur de la fraude. Un acheteur étranger, identifié sous le nom de M. A, a ainsi acquis une maison unifamiliale à Séoul pour 12,5 milliards de wons (environ 9,2 millions d’euros), en utilisant des « revenus d’activités à l’étranger » déposés via une banque tierce, sans pouvoir justifier l’origine de ces fonds. Dans un autre cas, M. B, un autre acheteur étranger, a acheté quatre appartements à Séoul pour un total de 1,735 milliard de wons (environ 1,28 million d’euros) en utilisant de l’argent liquide non déclaré ou des échanges de devises illégaux.

Les transactions illégales sont particulièrement concentrées dans les zones métropolitaines, avec 32,7% des cas recensés à Séoul et 22,7% dans la province de Gyeonggi. Cependant, des irrégularités ont également été détectées dans d’autres régions, notamment la province du Chungcheong du Sud (17,8%) et Incheon (11,9%). Un acheteur étranger titulaire d’un visa de visiteur (H2), qui ne lui permet pas d’exercer une activité locative, a ainsi été surpris en train d’acquérir un appartement à Incheon et d’en percevoir les loyers.

En termes de nationalités, les acheteurs américains sont les plus impliqués dans des transactions illégales suspectes, avec un taux de 3,7% (soit 3,7 cas pour 100 transactions immobilières). Les acheteurs chinois présentent un taux de 1,4%. En nombre total de transactions illégales suspectes, 125 concernent des citoyens chinois, 78 des Américains, 21 des Australiens et 14 des Canadiens.

Le ministère du Territoire, de l’Infrastructure et des Transports a annoncé qu’il transmettra les informations recueillies aux autorités compétentes – le Service national des impôts, la Commission des services financiers, l’Agence nationale de la police, les gouvernements locaux, le Service coréen des douanes et le ministère de la Justice – afin d’engager des enquêtes fiscales, des poursuites judiciaires et de récupérer les fonds illégalement acquis. En cas de suspicion d’évasion fiscale, les autorités coréennes se réservent également la possibilité d’informer les pays d’origine des acheteurs.

Parallèlement, le ministère prévoit de mener une enquête similaire sur les transactions immobilières non résidentielles (officetel) et foncières réalisées par des étrangers, dont les résultats devraient être publiés dans le courant de l’année. Une enquête sur 167 transactions anormales dans ce secteur est actuellement en cours.

Journaliste Jihye Lee [email protected]

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