Les résultats trimestriels à venir devraient confirmer la trajectoire de croissance fulgurante de Nvidia, tandis que les disparités énergétiques entre les États-Unis et l’Europe pourraient redéfinir la géopolitique des centres de données et peser sur les ambitions de décarbonation du Vieux Continent.
La communauté financière anticipe une hausse de 56,7 % du chiffre d’affaires annuel de Nvidia, atteignant 54,97 milliards de dollars (environ 50,7 milliards d’euros), et une progression de 54,7 % de ses bénéfices, soit 1,25 dollar (environ 1,15 euro) par action. Les prévisions de l’entreprise, qui seront scrutées à la loupe, pourraient bien confirmer ces attentes optimistes.
Nvidia suscite également l’attention en raison de ses importantes réserves de trésorerie, ayant été vendeuse nette d’actions pendant douze trimestres consécutifs. Berkshire Hathaway, le conglomérat dirigé par Warren Buffett, a néanmoins investi 17,8 millions d’actions au troisième trimestre, malgré une réduction globale de ses avoirs en actions de 6,1 milliards de dollars (environ 5,6 milliards d’euros). Parallèlement, Berkshire Hathaway a cédé 41,8 millions d’actions d’une autre entreprise, poursuivant ainsi une tendance à la baisse observée depuis le trimestre précédent. Pomme (Apple) demeure toutefois l’un des principaux investissements de Berkshire Hathaway.
Certains observateurs s’inquiètent des éventuels freins à l’expansion des centres de données, notamment les retards de construction et la hausse des coûts de l’électricité. Cependant, les États-Unis, disposant d’abondantes ressources en gaz naturel, pourraient bien détenir un avantage compétitif majeur en matière d’électricité à bas coût, grâce à l’utilisation de turbines à gaz naturel. Des entreprises comme GE Vernova (GEV) et Siemens affichent déjà des carnets de commandes sur cinq ans pour ces turbines, mais des solutions plus compactes, issues de l’industrie aéronautique, pourraient également être déployées.
L’Allemagne illustre cette divergence stratégique : elle a récemment revu à la baisse son projet de développement de turbines à gaz naturel, privilégiant la décarbonation et les énergies renouvelables. Cette orientation a entraîné une augmentation des prix de l’électricité, qui sont désormais partiellement subventionnés par le gouvernement allemand afin d’éviter une désindustrialisation accrue. En conséquence, les pays qui persistent dans une politique de décarbonation rapide pourraient se retrouver désavantagés face à des économies comme la Chine, l’Inde et les États-Unis, qui continuent de privilégier les combustibles fossiles.
Aux États-Unis, la levée de l’interdiction sur la production de gaz naturel et de gaz naturel liquéfié (GNL) permet de saisir de nouvelles opportunités, notamment grâce aux milliards de dollars alloués par l’administration Trump pour la relocalisation des centres de données, ainsi que des industries automobile, pharmaceutique et des semi-conducteurs. Cette dynamique, combinée à une politique monétaire potentiellement plus souple de la Réserve fédérale (Fed), pourrait atténuer les pressions déflationnistes exercées par la Chine et renforcer le dollar américain, rendant les matières premières et les importations plus abordables.
Les récentes données sur l’emploi, qui pourraient inciter la Fed à abaisser ses taux d’intérêt directeurs, ainsi que la baisse des prix des loyers – un élément clé de l’indice des prix à la consommation (IPC) – et la diminution des prix du pétrole brut, contribuent également à un ralentissement de l’inflation. La Fed devrait donc ajuster sa politique monétaire dans les mois à venir, en tenant compte de la faiblesse de l’emploi liée à l’intelligence artificielle et du refroidissement des pressions inflationnistes.
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