Publié le 22 novembre 2025 10h32. La Grèce et l’Ukraine ont conclu un accord secret pour la production conjointe de véhicules de surface sans pilote (VSN) armés, une initiative qui vise à renforcer les capacités militaires grecques et à contrer l’influence turque en Méditerranée.
- Un accord secret a été signé entre la Grèce et l’Ukraine pour la production de VSN armés en Grèce.
- Cette coopération inclut la production de systèmes et de capteurs électroniques et optiques, ainsi que potentiellement de charges explosives.
- L’objectif est de combler le fossé technologique avec les VSN développés par la Turquie et de renforcer la sécurité maritime.
La rencontre entre le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis et le président ukrainien Volodymyr Zelensky à Athènes dimanche dernier a été l’occasion de sceller cette collaboration discrète. Si l’accord initial portait sur la vente de gaz naturel liquéfié (GNL) américain à l’Ukraine par l’intermédiaire de la Grèce, un autre accord, gardé confidentiel, a émergé par la suite, révélant une dimension militaire insoupçonnée.
Selon des informations de presse grecque, les VSN qui seront produits en Grèce sont une version améliorée de ceux qui ont déjà fait leurs preuves sur le front ukrainien, notamment en contribuant à la neutralisation du navire amiral russe Moskva. Le chantier naval grec de Skaramanga jouera un rôle central dans cette production, en accueillant une ligne d’assemblage dédiée à ces engins.
Athènes justifie ce partenariat par plusieurs avantages stratégiques. La technologie des VSN a été validée sur le terrain et a démontré son efficacité, notamment en forçant la flotte russe à se retirer de la mer Noire. De plus, la Grèce ambitionne de réduire son retard technologique face à la Turquie, qui a déjà développé ses propres VSN depuis 2021. Le financement de ce projet est déjà intégré au programme de défense à long terme du pays.
Les autorités grecques cherchent activement à obtenir un financement à taux préférentiel dans le cadre du mécanisme SAFE, un fonds commun de défense européen doté de 150 milliards d’euros. L’intégration de l’Ukraine à ce programme est également en discussion, tandis que toute proposition d’inclusion de la Turquie a été bloquée par la Grèce.
Une délégation d’experts grecs se rendra prochainement en Ukraine, à une date non précisée, pour finaliser les détails techniques de l’accord. La déclaration conjointe des deux dirigeants avait mentionné le renforcement de la sécurité maritime et le développement de systèmes maritimes sans pilote, sans toutefois révéler l’ampleur de cette coopération militaire. Le secret entourant cette opération est justifié par la sensibilité sécuritaire liée au conflit en cours avec la Russie.
En outre, des projets de production conjointe de sous-marins sans pilote sont également envisagés dans les mois à venir, renforçant ainsi la dimension stratégique de ce partenariat gréco-ukrainien.
À ne pas manquer
