Publié le 18 novembre 2025 à 20h47. Le MI5, le service de renseignement intérieur britannique, a mis en garde les parlementaires contre une campagne d’espionnage menée par la Chine, visant à infiltrer le pouvoir politique et à collecter des informations sensibles. Cette alerte intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Londres et Pékin concernant les activités d’influence.
- Le MI5 accuse des agents chinois d’utiliser des profils LinkedIn pour cibler des législateurs, des fonctionnaires et des experts.
- L’ambassade de Chine rejette fermement ces accusations, les qualifiant de « pure fabrication ».
- Le gouvernement britannique investit 170 millions de livres (224 millions de dollars) pour renforcer la sécurité de ses communications.
Une nouvelle alerte d’espionnage a été adressée aux membres du Parlement britannique, révélant que des ressortissants chinois tentent activement de les « recruter et de les cultiver » via des intermédiaires, notamment des cabinets de recrutement et des sociétés écrans. Selon le MI5, ces agents utilisent notamment la plateforme professionnelle LinkedIn pour identifier et approcher des cibles potentielles au nom du ministère chinois de la Sécurité d’État.
L’objectif de ces opérations est double : collecter des informations stratégiques et établir des relations à long terme qui pourraient être exploitées ultérieurement. Le MI5 souligne que cette activité est à la fois « ciblée et généralisée », touchant non seulement les parlementaires, mais également des économistes, des consultants et des représentants du gouvernement.
Le ministre de l’Intérieur, Dan Jarvis, a déclaré devant le Parlement que cette tentative d’ingérence étrangère est inacceptable.
« Il s’agit d’une tentative secrète et calculée d’une puissance étrangère d’intervenir dans nos affaires souveraines en faveur de ses propres intérêts, et ce gouvernement ne le tolérera pas. »
Dan Jarvis, ministre de l’Intérieur
Le gouvernement a annoncé un investissement de 170 millions de livres (224 millions de dollars) pour moderniser les systèmes de cryptage utilisés par les fonctionnaires et protéger les informations sensibles.
L’ambassade de Chine à Londres a réagi avec véhémence à ces accusations, les dénonçant comme de « pures fabrications et des calomnies malveillantes ». Elle a également mis en garde le Royaume-Uni contre toute action susceptible de nuire aux relations bilatérales.
L’alerte du MI5 mentionne spécifiquement les profils LinkedIn de deux femmes, Amanda Qiu et Shirly Shen, les identifiant comme des agents potentiels impliqués dans ces activités d’espionnage. D’autres profils de recruteurs similaires seraient également utilisés comme façade.
Cet avertissement intervient après l’abandon inexpliqué, en septembre dernier, des poursuites engagées contre deux hommes accusés d’espionnage pour le compte de Pékin. Christopher Berry, un universitaire, et Christopher Cash, un chercheur parlementaire, avaient été accusés de fournir à la Chine des informations potentiellement préjudiciables à la sécurité nationale. L’affaire a été abandonnée car le gouvernement a refusé de témoigner sur la menace que représente la Chine, selon le directeur des poursuites pénales, Stephen Parkinson. Le Premier ministre Keir Starmer a nié toute ingérence gouvernementale dans cette affaire.
En janvier 2022, le MI5 avait déjà lancé une alerte similaire concernant Christine Lee, une avocate basée à Londres, accusée d’être impliquée dans des « activités d’ingérence politique » au Royaume-Uni, en lien avec le Département de travail du Front uni du Parti communiste chinois. Elle était soupçonnée de faciliter des dons secrets à des partis et à des législateurs britanniques.
Ken McCallum, le directeur général du MI5, a récemment déclaré que les acteurs étatiques chinois représentaient une menace quotidienne pour la sécurité nationale du Royaume-Uni, par le biais du cyberespionnage, du vol de secrets technologiques et de tentatives d’infiltration de la vie publique britannique.
Pour en savoir plus sur les tentatives d’influence chinoises, vous pouvez consulter cet article de PBS NewsHour sur l’utilisation d’un assistant gouvernemental à New York pour influencer la politique américaine.