Publié le 19 novembre 2025 à 07h16. La justice américaine a donné raison à Meta, la maison mère de Facebook, dans le procès antitrust intenté par la Federal Trade Commission (FTC), marquant une première victoire significative pour une grande entreprise technologique face aux accusations de monopole.
- Un tribunal fédéral a rejeté la plainte de la FTC, estimant que l’agence n’avait pas prouvé que Facebook détenait un pouvoir monopolistique sur le marché des réseaux sociaux.
- La décision souligne la difficulté de définir les marchés technologiques dans un contexte d’évolution rapide et d’innovation constante.
- Le jugement pourrait avoir des répercussions importantes sur d’autres poursuites antitrust visant les géants de la technologie aux États-Unis.
La FTC et 46 États américains avaient accusé Meta d’avoir consolidé son monopole sur les réseaux sociaux en acquérant ses concurrents, notamment WhatsApp et Instagram. Ils demandaient la séparation de ces deux applications, estimant que ces acquisitions avaient étouffé la concurrence. Après des années de procédures, le juge Jed Boasberg a finalement rendu son verdict le 18 novembre, concluant que la FTC n’avait pas réussi à démontrer les allégations de monopole.
Pour prouver une situation de monopole, la FTC devait démontrer que Facebook disposait d’un pouvoir de marché significatif et qu’elle avait utilisé des pratiques anticoncurrentielles pour maintenir cette position. Le juge Boasberg a estimé que la FTC avait échoué sur les deux fronts. Il a notamment souligné l’émergence de nouveaux concurrents puissants, tels que TikTok et YouTube, qui rivalisent désormais avec Facebook.
Le juge a noté que TikTok avait introduit une approche novatrice, basée sur un algorithme d’intelligence artificielle qui propose du contenu aux utilisateurs en fonction de leurs intérêts plutôt que de leurs contacts. YouTube, quant à lui, offre une plateforme de partage de vidéos massive et propose également des recommandations personnalisées. Selon le tribunal, la présence de ces acteurs sur le marché, aux côtés de Facebook, Instagram, Snapchat et MeWe, empêche Meta de détenir un pouvoir monopolistique.
« Il est difficile de croire que les consommateurs préféreraient les versions d’Instagram et de Facebook qui existaient il y a dix ans aux versions qui existent aujourd’hui »,
Juge Jed Boasberg
Au-delà de la définition du marché, le juge Boasberg a également souligné les avantages économiques et l’innovation générés par les activités de Facebook. Il a implicitement reconnu que les améliorations apportées à Instagram et Facebook au fil des ans ont profité aux consommateurs. Des études économiques, selon des experts et la Cour suprême, confirment que les biens numériques apportent un bien-être considérable aux consommateurs. Une estimation a chiffré ces bénéfices à des milliards de dollars par an.
Cette décision pourrait influencer la manière dont les tribunaux américains examineront les affaires antitrust impliquant des entreprises technologiques à l’avenir. Elle met en évidence la nécessité de prendre en compte l’évolution rapide du paysage numérique et les avantages de l’innovation lors de l’évaluation des pratiques anticoncurrentielles. Les autorités de la concurrence pourraient être amenées à reconsidérer leur approche et à éviter de freiner l’innovation par des poursuites judiciaires coûteuses et potentiellement infondées.