Publié le 18 novembre 2025 18h30. Face à une épidémie de chikungunya qui se propage sur l’île, les autorités sanitaires cubaines ont publié un protocole national pour la prise en charge des patients, allant du diagnostic aux soins de rééducation.
- L’Institut de Médecine Tropicale “Pedro Kouri” (IPK) et le Ministère de la Santé Publique (MINSAP) ont conjointement élaboré un protocole détaillé pour la gestion de la maladie.
- Le protocole couvre toutes les phases de la maladie, des critères de gravité aux procédures thérapeutiques spécifiques pour différents groupes d’âge, y compris les femmes enceintes et les nourrissons.
- Des formes sévères de chikungunya, avec atteinte neurologique, cardiaque et rénale, ont été identifiées, en particulier chez les populations vulnérables.
Les autorités sanitaires cubaines ont présenté un protocole national de prise en charge et de recherche des patients atteints de chikungunya, en réponse à une épidémie qui touche plusieurs provinces du pays, notamment La Havane. Ce document, préparé par l’Institut de Médecine Tropicale “Pedro Kouri” (IPK) en collaboration avec le Ministère de la Santé Publique (MINSAP), vise à standardiser les soins et à réduire les complications liées à cette maladie virale transmise par les moustiques Aedes aegypti et Aedes albopictus.
Le protocole, disponible en ligne, offre un guide complet pour le diagnostic, le traitement et le suivi clinique des patients infectés par le virus Chikungunya (CHIKV). Il détaille les différentes phases cliniques de la maladie – aiguë, post-aiguë et chronique – ainsi que les critères permettant de déterminer la gravité de l’infection et la nécessité d’une hospitalisation.
La maladie, caractérisée par une forte fièvre et des douleurs articulaires intenses, a été confirmée dans plusieurs municipalités depuis sa première détection en juillet 2025 à Matanzas. Le protocole précise les procédures thérapeutiques à adopter en fonction de l’âge des patients et de leurs conditions médicales particulières, notamment pour les femmes enceintes, les nouveau-nés et les enfants gravement malades.
L’IPK met en garde contre le risque de formes sévères de la maladie, bien que la plupart des cas soient spontanément résolutifs. Ces formes sévères peuvent entraîner des atteintes neurologiques, cardiaques et rénales, en particulier chez les personnes âgées, les personnes immunodéprimées et les patients souffrant de maladies chroniques telles que le diabète ou l’hypertension.
Le protocole inclut également des directives spécifiques pour les soins néonatals et pédiatriques, reconnaissant que le virus affecte principalement les enfants. Des mesures de prévention de la transmission verticale du virus sont également détaillées.
Une section importante du document est consacrée à la rééducation et à l’utilisation de la médecine naturelle et traditionnelle (MNT) pour la gestion de la douleur et la récupération fonctionnelle dans les phases prolongées de la maladie. L’IPK souligne l’importance d’une réponse coordonnée et multidisciplinaire à tous les niveaux du système de santé national, en mettant l’accent sur la détection précoce, la surveillance épidémiologique et une prise en charge clinique basée sur des preuves scientifiques.
Le document ne précise cependant pas les conditions hospitalières de prise en charge des patients, la disponibilité des médicaments nécessaires au traitement de la maladie, ni les mesures préventives visant à limiter la propagation du virus, qui peut avoir des conséquences sur plusieurs mois voire années.
« Le chikungunya, bien qu’historiquement considéré comme une maladie bénigne, peut avoir un impact significatif sur la santé et la qualité de vie des patients. Ce protocole vise à standardiser les soins médicaux et à réduire les complications. »
IPK
La propagation de la maladie s’observe dans toutes les régions de l’île, dans un contexte marqué par un manque croissant de protocoles de prévention, des conditions sanitaires précaires et la pauvreté.
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