Home MondeQuarante ans de prison pour le maire des Philippines pour trafic d’êtres humains

Quarante ans de prison pour le maire des Philippines pour trafic d’êtres humains

by Clara Dubois

Publié le 20 novembre 2025 à 13h59. L’ancienne maire de Bamban, aux Philippines, Alice Guo, a été condamnée à 40 ans de prison pour son rôle dans un réseau de traite des êtres humains lié à un centre d’escroquerie en ligne. Cette affaire met en lumière les liens potentiels entre la criminalité organisée, la corruption locale et des intérêts étrangers dans la région.

  • Alice Guo, ancienne maire de Bamban, a été reconnue coupable de traite des êtres humains et condamnée à 40 ans de prison.
  • Quatre victimes ont obtenu gain de cause et recevront chacune une indemnisation de 600 000 pesos philippins (plus de 8 000 euros).
  • L’affaire révèle des soupçons de liens entre le centre d’escroquerie et des activités d’espionnage menées par des autorités chinoises.

Alice Guo, qui s’était fait connaître grâce à ses publications sur TikTok où elle documentait son travail d’élue, a été impliquée dans l’exploitation d’un centre de fraude installé à proximité de la mairie de Bamban, dans la province de Tarlac. L’enquête a révélé que Guo, initialement présentée comme une Philippine, utilisait en réalité une fausse identité, son véritable nom étant Guo Hua Ping, ressortissant chinois.

Le tribunal a également condamné sept coaccusés, dont des citoyens chinois et philippins, à 40 ans de prison. Les victimes, forcées de travailler dans le centre d’escroquerie, recevront chacune une indemnisation de 600 000 pesos philippins (plus de 8 000 euros). L’affaire a été révélée en février 2024, lorsqu’un des employés du centre a réussi à s’échapper. Un mois plus tard, une descente de l’Unité présidentielle philippine contre le crime organisé (PAOCC) a permis de libérer plus de neuf cents personnes, dont beaucoup étaient retenues contre leur gré.

L’enquête a également mis en évidence le train de vie luxueux de l’ancienne maire, avec des biens incompatibles avec ses revenus déclarés, notamment des voitures de luxe, dont une Cadillac, et un hélicoptère. Plusieurs dirigeants du réseau ont réussi à s’échapper grâce à un système de tunnels souterrains aménagés sous le complexe.

Avant son procès, Alice Guo a été interrogée par le Sénat philippin, où elle a continué de se déclarer Philippine tout en éludant les questions concernant son passé. La sénatrice Risa Hontiveros a exprimé des préoccupations quant à l’utilisation potentielle du centre d’escroquerie à des fins d’espionnage par les autorités chinoises, dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays concernant les conflits territoriaux en mer de Chine méridionale. Les tensions territoriales en mer de Chine méridionale sont un point de friction majeur entre les deux nations.

L’actuel président philippin, Ferdinand Marcos, a promis de lutter contre les centres de jeux illégaux qui se sont multipliés sous son prédécesseur, Rodrigo Duterte. De nombreux de ces centres sont gérés par des ressortissants chinois. Des cas similaires d’escroqueries à grande échelle ont également été signalés au Cambodge et au Myanmar.

Cette affaire intervient dans un contexte plus large de lutte contre la criminalité en ligne et la traite des êtres humains aux Philippines, et soulève des questions sur la corruption locale et l’influence étrangère dans la région. L’ancien maire philippin doit répondre d’éventuels liens avec la Chine, un sujet qui a suscité l’inquiétude des autorités.

You may also like

Leave a Comment