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Trump insiste sur le fait que Modi l’a appelé à mettre fin à la guerre après la menace tarifaire, alors que le panel américain affirme que la Chine a exploité le conflit pour tester ses armes

Publié le 20 novembre 2025 à 16h49. Le président américain Donald Trump affirme que le Premier ministre indien Narendra Modi l'a sollicité pour mettre fin aux tensions avec le Pakistan, une révélation qui intervient alors que des rapports…

Trump insiste sur le fait que Modi l’a appelé à mettre fin à la guerre après la menace tarifaire, alors que le panel américain affirme que la Chine a exploité le conflit pour tester ses armes

Publié le 20 novembre 2025 à 16h49. Le président américain Donald Trump affirme que le Premier ministre indien Narendra Modi l’a sollicité pour mettre fin aux tensions avec le Pakistan, une révélation qui intervient alors que des rapports mettent en lumière l’influence croissante de l’armement chinois dans la région.

  • Donald Trump soutient que Narendra Modi lui a demandé d’intervenir pour calmer les tensions entre l’Inde et le Pakistan, après des menaces de tarifs douaniers de 350 % contre les deux pays.
  • Un rapport du Congrès américain accuse la Chine d’exploiter les conflits régionaux pour tester et promouvoir ses armements, notamment au Pakistan.
  • Les affirmations de Trump, répétées plus de 60 fois selon ses propres dires, contrastent avec les démentis de New Delhi concernant un appel entre les deux dirigeants.

Le récit de Donald Trump concernant le rôle qu’il aurait joué dans la désescalade des tensions indo-pakistanaises prend une nouvelle ampleur, avec une nouvelle version de l’incident. Le président américain affirme désormais que Narendra Modi l’a personnellement contacté pour lui demander d’intervenir et d’éviter une guerre potentiellement nucléaire, qui aurait pu avoir des conséquences désastreuses jusqu’à Los Angeles. New Delhi a catégoriquement nié l’existence d’un tel appel, ni pendant, ni immédiatement après les affrontements de quatre jours.

Cette affirmation intervient alors que la Commission d’examen de l’économie et de la sécurité sino-américaine (USCC), un groupe bipartite chargé d’analyser les relations sino-américaines, publie un rapport accablant. Ce rapport de deux pages, inclus dans le rapport annuel 2025 au Congrès, souligne le « succès militaire » du Pakistan lors de son affrontement avec l’Inde, le présentant comme une vitrine de l’arsenal chinois. Selon le document, 82 % des importations d’armes d’Islamabad entre 2019 et 2023 proviennent de Chine.

Le rapport de l’USCC met en évidence l’efficacité des missiles sol-air HQ-9 et des drones Wing Loong II, qui auraient intercepté les incursions indiennes. Il nuance toutefois l’idée d’une « guerre par procuration » orchestrée par Pékin, tout en soulignant que la Chine a profité de la situation pour tester et promouvoir ses technologies militaires, dans un contexte de tensions frontalières avec l’Inde et d’ambitions croissantes dans l’industrie de la défense. Les exercices militaires sino-pakistanais, tels que Warrior-VIII en octobre 2024 et AMAN-2025 en février, ont également contribué à renforcer l’interopérabilité des forces des deux pays.

Paradoxalement, alors que l’USCC met en garde contre l’influence croissante de l’armement chinois, Donald Trump se vante régulièrement de la supériorité du matériel militaire américain, qu’il vend à ses alliés en Europe, au Moyen-Orient et en Asie de l’Est. Récemment, l’administration Trump a approuvé la vente à l’Inde de systèmes antichars Javelin et de projectiles Excalibur pour un montant de 93 millions de dollars (une somme modeste comparée aux milliards de dollars de ventes prévues pour l’Arabie saoudite). Les États-Unis cherchent également à réduire la dépendance militaire du Pakistan vis-à-vis de la Chine.

Le rapport de l’USCC révèle également que, suite au cessez-le-feu entre l’Inde et le Pakistan, Pékin aurait orchestré une campagne de désinformation sophistiquée pour discréditer les armements occidentaux. Des acteurs chinois liés à l’État auraient diffusé sur les réseaux sociaux des images manipulées, notamment des deepfakes et des montages, montrant des dysfonctionnements d’avions Rafale, dans le but de nuire aux ventes d’armes françaises en Asie du Sud. Cette stratégie aurait conduit l’Indonésie à suspendre un accord d’achat de Rafale d’une valeur de 8,1 milliards de dollars, se tournant vers le chasseur furtif chinois J-35.

Le rapport conclut en soulignant le risque d’escalade dans un contexte nucléaire, où des erreurs de calcul pourraient avoir des conséquences régionales désastreuses. Il met également en évidence une asymétrie dans la manière dont la Chine et l’Inde abordent la résolution de leur différend frontalier, notant que l’Inde prend de plus en plus au sérieux la menace chinoise, considérant qu’il ne s’agit plus d’un simple « problème mineur », compte tenu du renforcement de l’armée chinoise.

Le rapport se termine en se demandant si les engagements de la Chine et de l’Inde en 2025 sont simplement une réaction à court terme aux négociations commerciales avec les États-Unis, ou s’ils témoignent d’une évolution à long terme vers une normalisation des relations bilatérales, comme cela avait été évoqué lors de la réunion entre Modi et Xi Jinping à Tianjin.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.