Publié le 21 novembre 2025 08h46. La question de la création monétaire suscite de nombreux débats, notamment en période d’incertitude économique. Un expert en finance décrypte les mécanismes complexes en jeu et les risques associés à une politique monétaire expansionniste.
- L’impression monétaire, bien que souvent perçue comme une solution simple, est un processus complexe aux conséquences potentiellement néfastes.
- Il existe deux formes de monnaie : la monnaie inflationniste, accessible au grand public, et les réserves bancaires, utilisées exclusivement par les institutions financières.
- Le Japon, pionnier de l’assouplissement quantitatif depuis 1990, illustre les limites de cette politique en l’absence d’une augmentation correspondante de la masse monétaire en circulation.
La création monétaire est un sujet qui fascine et inquiète. Martijn Bron, un professionnel des marchés financiers, se souvient d’une expérience d’enfance marquante où il simulait un système bancaire dans un village de cabanes. Cette expérience lui a révélé très tôt la complexité de la gestion de la monnaie et les risques d’une création excessive. Il souligne que l’argent facile n’existe pas et que les promesses de rendements élevés sont souvent illusoires.
L’expérience de 2008, avec la crise financière mondiale qui a failli paralyser le système bancaire, a également laissé une empreinte durable. L’introduction de mesures inédites telles que l’assouplissement quantitatif (QE), les taux d’intérêt négatifs et la distribution d’argent direct aux citoyens pendant la pandémie de COVID-19 ont alimenté les débats sur l’impression monétaire et ses conséquences. Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont saturés de discussions sur ce sujet, mais la compréhension des mécanismes en jeu reste souvent limitée.
Pour éclairer cette question, Martijn Bron a invité Alfonso Peccatiello, fondateur et directeur des investissements de Capitale de Palinuro, et créateur de contenus macroéconomiques reconnus, dans son dernier podcast « Strong Source ». Alphonse Peccatiello explique qu’il est crucial de distinguer deux formes de monnaie : la monnaie inflationniste, celle que nous utilisons quotidiennement, et les réserves bancaires, accessibles uniquement aux banques commerciales. Il précise que ces deux formes de monnaie ne sont pas directement liées.
Il illustre son propos avec l’exemple du Japon, qui a mis en œuvre une politique d’assouplissement quantitatif dès 1990. Bien que les réserves bancaires aient considérablement augmenté, la quantité de monnaie en circulation dans l’économie réelle n’a pas suivi le même rythme. Cette situation explique en partie pourquoi le Japon a connu une période prolongée de faible inflation et de croissance économique stagnante.
Comprendre ces mécanismes macroéconomiques est essentiel pour les traders et les investisseurs, car ils influencent la trajectoire des prix des matières premières et des actifs financiers. Martijn Bron et son co-animateur, Alexandre Fort, ont tiré de précieux enseignements de cette discussion avec Alfonso Peccatiello, qu’ils espèrent partager avec leur audience.
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