Home Divertissement« On est au fond de la piscine mais on ne descend plus » : le secteur de l’animation tire le bilan de la crise, à Angoulême

« On est au fond de la piscine mais on ne descend plus » : le secteur de l’animation tire le bilan de la crise, à Angoulême

by Antoine Girard

Publié le 21 novembre 2024 à 22h46. Le secteur de l’animation en France traverse une période difficile, marquée par une baisse de l’emploi et un ralentissement des exportations, malgré un chiffre d’affaires global qui reste soutenu. Les professionnels espèrent un rebond d’ici 2026, porté par une évolution du décret Smad.

  • En 2024, les studios d’animation ont employé 9 150 personnes en France, soit 8 % de moins qu’en 2023.
  • Le chiffre d’affaires des studios a atteint 294 millions d’euros, un niveau historiquement élevé après 2021.
  • Les exportations ont chuté de 11 % en 2023, atteignant 51,2 millions d’euros, en raison d’une préférence des acheteurs pour les franchises établies.

L’emploi dans le secteur de l’animation continue de baisser en France. Selon les chiffres publiés jeudi par Audiens, 9 150 personnes étaient salariées dans les studios en 2024, une diminution de 8 % par rapport à l’année précédente, qui avait elle-même connu une baisse par rapport à 2022. La situation est particulièrement préoccupante en Charente, où l’emploi a reculé de 16 % en un an, avec 1 173 personnes travaillant dans le secteur.

Paradoxalement, le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) a fait état vendredi de chiffres encourageants concernant l’activité économique. Les studios ont déclaré un volume d’affaires de 294 millions d’euros, le deuxième plus élevé de leur histoire après 2021, une année marquée par un fort regain d’intérêt après les confinements liés à la pandémie de Covid-19. La production de séries a atteint 316 heures, retrouvant ainsi le niveau de 2017, à l’exception de l’année 2021.

Cependant, le ralentissement économique international pèse lourdement sur les comptes du secteur. Le CNC précise que « les dépenses en France de projets internationaux reculent pour s’établir à 166,6 millions d’euros, soit une baisse de 14,3 % par rapport à 2023 ». Les ventes à l’étranger sont également en baisse, avec 51,2 millions d’euros enregistrés en 2023 (les chiffres sont décalés d’un an), soit une diminution de 11 % par rapport à 2022.

« Les acheteurs préfèrent renouveler des franchises connues plutôt que d’acheter de la nouveauté. »

Stéphane Le Bars, délégué général d’Anim France, syndicat des producteurs.

Selon Stéphane Le Bars, la situation devrait rester difficile en 2025. « Les premiers chiffres de l’année montrent qu’on est au fond de la piscine », a-t-il déclaré, tout en exprimant un certain optimisme : « On ne descend plus. On peut espérer apercevoir un début de rebond en 2026. » Le secteur de l’animation est caractérisé par une forte inertie, ce qui rend les changements de tendance plus lents.

Pour relancer l’activité, Gaëtan Bruel met l’accent sur la modification du décret Smad (Soutien à la production audiovisuelle et cinématographique), actuellement en discussion. Ce décret, en vigueur depuis 2021, oblige les plateformes de vidéos à la demande (Netflix, Disney+, etc.) à investir dans la production française. Jusqu’à présent, il ne tenait pas suffisamment compte de l’animation. La nouvelle version du texte obligerait les géants américains à « acheter des produits inédits » en France, ce qui pourrait dynamiser le secteur.

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