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« Mettez du sang menstruel sur votre visage ? »… Pourquoi diable les femmes utilisent-elles des « packs menstruels » pour paraître plus jeunes ?

Publié le 22 novembre 2025 à 11h31. Une tendance inquiétante émerge sur les réseaux sociaux : des utilisatrices appliquent du sang menstruel sur leur visage, vantant ses prétendus bienfaits pour la peau, malgré l'absence de preuves scientifiques et…

« Mettez du sang menstruel sur votre visage ? »… Pourquoi diable les femmes utilisent-elles des « packs menstruels » pour paraître plus jeunes ?

Publié le 22 novembre 2025 à 11h31. Une tendance inquiétante émerge sur les réseaux sociaux : des utilisatrices appliquent du sang menstruel sur leur visage, vantant ses prétendus bienfaits pour la peau, malgré l’absence de preuves scientifiques et les risques sanitaires potentiels.

  • L’engouement pour les « masques menstruels » est en hausse, avec plus de 3,5 millions de recherches sur TikTok.
  • Les dermatologues mettent en garde contre les risques d’inflammation, d’infection et de transmission de maladies sexuellement transmissibles.
  • Bien que des études préliminaires sur les cellules souches présentes dans le sang menstruel soient prometteuses, elles ne justifient en aucun cas l’application directe de sang non traité sur la peau.

Cette pratique, popularisée notamment par l’influenceuse Sara Sol, qui partage ses expériences en Égypte et en Indonésie, suscite une vive controverse. Sol affirme utiliser du sang menstruel comme un « masque pour bébé » depuis des années, le qualifiant de méthode « pure et fraîche ». Elle a même publié des vidéos montrant l’application du sang sur son visage et son versement dans le sol, affirmant que c’est le secret d’une peau éternelle.

L’idée de recourir au sang menstruel pour des soins de la peau s’inscrit dans un contexte de fascination pour des traitements originaux, certains allant jusqu’à comparer cette pratique au « vampire facial », une procédure consistant à injecter du plasma riche en plaquettes (PRP) pour stimuler la production de collagène. Cependant, contrairement au PRP, qui est obtenu par des méthodes scientifiques rigoureuses, l’utilisation de sang menstruel collecté à domicile présente des risques considérables.

Selon des articles parus dans la presse britannique, comme le Daily Mail, l’intérêt pour ces « masques menstruels » est en forte croissance. Néanmoins, les experts s’accordent à dire que les allégations concernant les bienfaits du sang menstruel pour la peau sont infondées. Le sang menstruel est un mélange complexe de tissu endométrial, de sang et de sécrétions vaginales. Bien que des recherches aient montré que les cellules souches présentes dans la muqueuse utérine pourraient favoriser la cicatrisation des plaies – une étude de 2018 a révélé que les plaies traitées avec du plasma sanguin menstruel se sont cicatrisées en 24 heures, contre 40 % avec du plasma ordinaire – ces résultats sont obtenus dans des conditions de laboratoire contrôlées et ne peuvent être transposés à l’application de sang menstruel non traité sur le visage.

Le professeur Tess MacPherson, dermatologue pour adolescents à la British Academy of Dermatology, souligne les dangers de cette tendance :

« Ces pratiques inhabituelles en matière de soins de la peau sont populaires en raison de leur aspect choquant, mais il n’existe aucune preuve de leur efficacité et le mécanisme de régénération de la peau n’est pas clair. Elles ne peuvent en aucun cas être recommandées sur le plan médical. »

Les dermatologues expliquent que le sang menstruel contient des cellules épithéliales qui peuvent provoquer une inflammation et libérer des cytokines et des chimiokines, aggravant ainsi l’irritation de la peau. De plus, il contient des molécules signalant la dégradation des tissus, qui n’ont aucun effet positif sur l’épiderme. Le sang menstruel abrite également diverses bactéries et champignons, comme le staphylocoque, qui peuvent pénétrer dans la peau à travers les pores ou les plaies, augmentant le risque d’infection. Le pH vaginal, légèrement acide (environ 4,5), devient plus alcalin pendant les menstruations, favorisant la prolifération bactérienne et virale.

En conséquence, l’application de sang menstruel sur le visage peut augmenter le risque d’acné, d’infection et même de transmission de maladies sexuellement transmissibles, telles que l’herpès. Le sang menstruel étant collecté dans des conditions non stériles, le risque de contamination est élevé. De plus, la taille des molécules présentes dans le sang rend improbable leur absorption par la peau.

Il est donc crucial de ne pas succomber à cette tendance dangereuse et de privilégier des soins de la peau basés sur des preuves scientifiques et des pratiques d’hygiène rigoureuses.

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.