Home AffairesLes embauches ont rebondi en septembre, mais la tendance continue de s’affaiblir

Les embauches ont rebondi en septembre, mais la tendance continue de s’affaiblir

by Amélie Bernard

L’économie américaine a affiché une croissance surprenante au troisième trimestre, mais des signaux contradictoires émergent quant à sa capacité à maintenir ce rythme, notamment une augmentation du chômage et un ralentissement des offres d’emploi.

Le dernier rapport mensuel sur l’emploi, publié hier, a révélé une création de 119 000 emplois en septembre, un chiffre bien supérieur aux 50 000 prévus par les analystes. Il s’agit du plus fort gain mensuel depuis avril. Ces données suggèrent une fin de trimestre relativement solide pour l’économie américaine.

Cependant, une analyse plus approfondie révèle des faiblesses persistantes. La tendance à la baisse de la croissance de l’emploi sur un an se confirme, et pourrait signaler des difficultés à venir. Le nombre de chômeurs et le nombre total de personnes au chômage ont augmenté en septembre, atteignant leur plus haut niveau depuis quatre ans.

Bien que le taux de chômage reste relativement bas, à 4,4 % en septembre, cette augmentation continue est source d’inquiétude. Par ailleurs, la situation sur le marché du travail pourrait déjà être affectée par la récente paralysie gouvernementale. Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives, mais les données préliminaires de sources privées, comme Revelio Labs, indiquent une contraction de la masse salariale en octobre.

D’autres indicateurs confirment ce ralentissement. Indeed.com, un site d’offres d’emploi, a constaté une baisse des annonces, atteignant leur plus bas niveau depuis quatre ans. « Les offres d’emploi ont continué de baisser en octobre, atteignant leur plus bas niveau depuis 2021 et se situant à seulement 1,7 % au-dessus des niveaux d’avant la pandémie au 31 octobre », indique le site. Près de la moitié des secteurs d’activité (49 %) affichent désormais des offres d’emploi inférieures à leur niveau d’avant la pandémie.

Un point positif demeure : les nouvelles demandes d’allocations chômage restent faibles. Le ministère du Travail a rapporté une diminution de 8 000 demandes, à 220 000, pour la semaine se terminant le 15 novembre. Cet indicateur avancé du marché du travail reste donc favorable.

En regardant en arrière, le troisième trimestre s’annonce prometteur. Le modèle de la Réserve fédérale d’Atlanta estime la croissance à +4,2 % (au 19 novembre), ce qui représenterait la plus forte augmentation trimestrielle annualisée depuis deux ans.

La question clé est maintenant de savoir si cette dynamique positive se poursuivra au quatrième trimestre. Si une récession n’est pas inévitable, un ralentissement de la croissance semble de plus en plus probable.

Stephen Stanley, économiste en chef américain chez Santander US Capital Markets, tempère toutefois les inquiétudes : « Le taux de chômage a tendance à augmenter, mais pour les ‘bonnes’ raisons, car le taux d’activité augmente encore plus vite que les solides gains en matière d’emploi », a-t-il déclaré à Reuters. « C’est très loin des résultats auxquels on pourrait s’attendre si le marché du travail était en chute libre. »

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