Publié le 22 novembre 2025 à 22h00. La filiale allemande de Migros Zurich, Tegut, pèse lourdement sur les finances du groupe, avec des risques financiers potentiels atteignant le milliard de francs suisses, soulevant des questions sur la capacité de l’entreprise à se réformer.
- Migros Zurich est confrontée à des risques financiers importants liés à sa filiale allemande Tegut, notamment des garanties et des obligations de location.
- L’investissement initial dans Tegut, réalisé il y a plus de dix ans, est aujourd’hui remis en question, avec des pertes continues malgré des efforts de modernisation.
- L’avenir de Tegut et la capacité de Migros à surmonter cette crise sont considérés comme un test crucial pour l’ensemble du groupe.
L’année du centenaire de Migros se termine sur une note amère, marquée par des difficultés financières croissantes, notamment en Allemagne. Alors que le groupe célèbre un siècle d’existence, il doit faire face à une débâcle potentielle avec sa filiale Tegut, un investissement qui s’avère aujourd’hui plus risqué que prévu. Des obligations de location et des garanties financières importantes mettent en péril les finances de Migros Zurich.
L’histoire remonte à 2012, lorsque Jörg Blunschi, alors directeur de Migros Zurich, a annoncé le rachat de Tegut, un détaillant allemand en difficulté. Malgré les doutes exprimés par des experts et même au sein de la direction de Migros, Blunschi a obtenu le feu vert et un prêt conséquent pour mener à bien l’acquisition. À l’époque, le journal spécialisé allemand « Lebensmittelzeitung » s’interrogeait déjà : « Cet homme sait-il réellement de quoi il parle ? »
Depuis lors, Tegut a accumulé les pertes, ne connaissant des bénéfices significatifs que pendant la période de la pandémie de Covid-19, lorsque les supermarchés étaient autorisés à rester ouverts. Des investissements massifs ont été réalisés pour moderniser les magasins et en ouvrir de nouveaux, mais sans succès durable. En 2023, Tegut a même racheté 19 magasins bio en difficulté dans la région de Munich, ajoutant ainsi de nouvelles charges à son bilan.
En novembre 2024, Migros a annoncé la suppression de 120 postes au siège de Tegut et le remplacement du directeur général Thomas Gutberlet. De plus, dix pour cent du réseau de succursales sera mis en vente et des experts en restructuration ont été mandatés pour redresser la situation. Le nouveau directeur, Patrik Pörtig, a assuré que plus d’argent ne serait envoyé en Allemagne.
La principale difficulté pour Migros est de se séparer complètement de Tegut. Des garanties et des obligations de location importantes, conclues lors du rachat initial, l’empêchent de rompre définitivement les liens avec la filiale allemande. Selon les informations disponibles, Migros pourrait devoir assumer des pertes d’environ un milliard de francs suisses si elle devait abandonner Tegut.

Toujours des garanties de Zurich
Extrait : rapport annuel Tegut
La direction de Migros se refuse à commenter publiquement l’ampleur exacte des risques financiers liés à Tegut, mais reconnaît l’existence d’obligations importantes. L’avenir de Tegut et la capacité de Migros à surmonter cette crise sont désormais considérés comme un test crucial pour l’ensemble du groupe, et plus particulièrement pour sa capacité à se réformer et à moderniser son modèle économique.
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