Publié le 23 novembre 2023 06:18:00. Des documents judiciaires révèlent que Meta, la société mère de Facebook et Instagram, a interrompu une étude interne qui démontrait un lien entre l’utilisation de ses plateformes et des effets psychologiques négatifs chez les utilisateurs. Cette découverte intervient dans le cadre d’un procès collectif intenté par des districts scolaires américains.
- Une étude interne de Meta, nommée « Project Mercury », a montré que les utilisateurs qui se sont abstenus de Facebook et Instagram pendant une semaine ont ressenti une diminution de la dépression, de l’anxiété et de la solitude.
- Au lieu de publier ces résultats, Meta a mis fin au projet en 2020, invoquant des « déficiences méthodologiques ».
- Les plaignants accusent Meta de privilégier la croissance du nombre d’utilisateurs au détriment de la sécurité des jeunes, en rendant inefficaces les fonctions de protection et en entravant les efforts contre les agresseurs d’enfants.
Selon des documents judiciaires, le « Project Mercury », mené en 2020, a révélé que les participants ayant cessé d’utiliser Facebook et Instagram pendant une semaine ont signalé une amélioration de leur bien-être psychologique. Ils ont notamment fait état d’une « réduction des sentiments de dépression, d’anxiété, de solitude et une moindre pression de comparaison sociale ». Meta a pourtant choisi de ne pas rendre ces conclusions publiques et a mis fin au projet.
Interrogé à ce sujet, un porte-parole de Meta a contesté ces allégations samedi, affirmant que l’étude avait été interrompue en raison de problèmes liés à sa méthodologie. Une audience sur cette affaire est prévue le 26 janvier devant le tribunal de district de Californie du Nord.
Cette révélation s’inscrit dans le cadre d’un recours collectif déposé par plusieurs districts scolaires américains contre Meta, mais aussi contre Google, TikTok et Snapchat. Les plaignants estiment que ces entreprises ont délibérément mis en danger la sécurité des jeunes utilisateurs afin de maximiser leur croissance. Ils dénoncent notamment le fait que les outils de protection ont été intentionnellement affaiblis et que les mesures contre les prédateurs en ligne ont été bloquées. Les documents judiciaires citent le cas d’un compte qui n’a été supprimé qu’après 17 signalements de tentatives d’initiation sexuelle.
L’affaire met en lumière les préoccupations croissantes concernant l’impact des réseaux sociaux sur la santé mentale des jeunes et la responsabilité des entreprises technologiques dans la protection de leurs utilisateurs.