Malgré la dévastation qui frappe la bande de Gaza, des artistes locaux offrent un moment de répit en sculptant des œuvres éphémères dans le sable, attirant les habitants et les personnes déplacées en quête d’un peu d’espoir. Ces créations, bien que temporaires, témoignent de la résilience et du désir de beauté au milieu du chaos.
Le littoral de Gaza, largement détruit par les opérations militaires israéliennes, reste un lieu de rassemblement inattendu. Avant l’intensification du conflit, la plage était un espace animé, mais même aujourd’hui, elle offre un refuge passager face aux horreurs de la guerre.
Yazid Abu Jarad, sculpteur palestinien, et son équipe créent des œuvres de sable en utilisant des outils rudimentaires – une petite brosse, un carreau brisé, un simple bâton trouvé sur la plage. Ils tracent des motifs à l’aide de mètres rubans, attirant notamment les enfants marqués par les bombardements incessants, qui se poursuivent malgré la trêve négociée en novembre 2025 avec le Hamas.
« Lorsque nous créons de l’art sur la plage de Gaza, nous voyons tellement de gens se rassembler autour de nous. Cela apporte de la joie – cela se voit sur les visages des enfants et même des personnes âgées. Les gens s’évadent dans un monde différent pendant un instant », explique Yazid Abu Jarad à Al Jazeera. « Ils regardent les œuvres d’art et voient une image complètement différente de celle à laquelle ils sont habitués depuis le début de la guerre : les bombardements, la destruction et le bourdonnement des drones. Grâce à nos dessins, même une petite image peut changer ce qu’ils ressentent. »
Majd Ayada, un autre artiste, souligne la persévérance du groupe : « Nous revenons chaque jour et recommençons. L’art est notre talent – nous aimons sculpter et dessiner sur le sol de Gaza. Et même après deux ans de guerre, nous n’abandonnons jamais. » Les marées effacent chaque soir leur travail, mais l’équipe recommence inlassablement le lendemain.
Ces œuvres d’art attirent également l’attention des familles palestiniennes déplacées, contraintes de vivre dans des tentes et sous des bâches en plastique pour se protéger du froid hivernal après avoir été déplacées à plusieurs reprises. Fathi Abu Maoud, un père de famille déplacé, témoigne de l’importance de ces créations : « Nous sommes nés ici, nos enfants sont nés ici… C’est notre maison. Nous sommes enracinés à Gaza. » Voir les enfants et les jeunes sculpter renforce, selon lui, leur attachement à ce lieu.