Publié le 23 novembre 2025 à 14h27. L’inquiétude grandit au Brésil face au déploiement militaire américain massif dans les Caraïbes, à proximité des frontières vénézuéliennes, une situation que le président Lula da Silva compte aborder directement avec Donald Trump.
- Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva s’est dit préoccupé par la présence militaire américaine accrue dans la mer des Caraïbes, près du Venezuela.
- Les États-Unis ont déployé un important dispositif naval et aérien, incluant le porte-avions USS Gerald R. Ford et plus de 10 000 militaires, dans le cadre de l’opération « Lance du Sud ».
- Washington justifie ce déploiement par la lutte contre le trafic de drogue, pointant du doigt le Cartel de los Soles, une organisation liée au régime vénézuélien, tandis que Caracas dénonce une menace.
Lula da Silva a exprimé son intention de discuter personnellement de cette situation avec l’ancien président américain Donald Trump, conscient des implications régionales de cette escalade militaire. « Je suis très préoccupé par le dispositif militaire américain déployé par les États-Unis dans la mer des Caraïbes. Cela m’inquiète énormément et j’ai l’intention d’en discuter avec le président Trump, car cela m’inquiète », a-t-il déclaré à la presse à l’issue du sommet du G20 à Johannesburg.
Le déploiement américain, qui comprend le porte-avions USS Gerald R. Ford accompagné de destroyers de classe Arleigh Burke, de navires amphibies, de sous-marins nucléaires, d’avions F-35, d’hélicoptères UH-1Y et Apache, de drones MQ-9, de véhicules aéroglisseurs LCAC et plus de 10 000 militaires (dont 2 200 Marines mobilisés depuis août), est justifié par l’administration Trump comme une opération visant à contrer le trafic de drogue. Selon Washington, le Cartel de los Soles, une organisation opérant depuis le Venezuela avec le soutien de l’État et dirigée par Nicolás Maduro, est le principal responsable de ce trafic.
Caracas, de son côté, dénonce ces manœuvres comme une menace directe visant à déstabiliser le régime en place, qu’elle considère comme légitime malgré les accusations de fraude lors des dernières élections présidentielles. Le gouvernement vénézuélien a réagi en mobilisant ses troupes et en encourageant la formation de comités de quartier pour renforcer son contrôle.
Au niveau régional, le déploiement américain s’est étendu à des exercices conjoints avec Trinité-et-Tobago, un pays situé à proximité du Venezuela. Le ministre des Affaires étrangères de Trinité-et-Tobago, Sean Sobers, a souligné que ces exercices visent à lutter contre la criminalité violente et le trafic de drogue, des problèmes majeurs pour l’île, qui sert de point de transit pour les expéditions vers l’Europe et l’Amérique du Nord. Des unités marines de la 22e expédition américaine participent à ces manœuvres, qui comprennent des entraînements en milieu urbain et rural.
Le secrétaire à l’Armée américaine, Dan Driscoll, a également annoncé la reprise des activités de formation au Panama, axées sur la réactivation de l’école de la jungle et la préparation d’éventuelles opérations en Amérique latine. Il a précisé que les forces seraient prêtes à agir sur instruction de Donald Trump et du secrétaire à la Guerre Pete Hegseth.
Plusieurs pays de la région ont réagi à ce déploiement. Le Panama a affirmé que ces actions s’inscrivaient dans le cadre d’accords de coopération historiques et ne visaient pas à créer des tensions avec Caracas. La République dominicaine et la brigade des stupéfiants ont convenu de renforcer leur coopération pour lutter contre le Cartel de los Soles, considéré comme une organisation terroriste par les deux pays, une initiative également soutenue par l’Équateur, le Paraguay et l’Argentine. Selon les données militaires américaines, entre septembre et octobre, environ vingt navires ont été interceptés et près de 80 personnes ont été tuées lors d’opérations antidrogue dans les Caraïbes et le Pacifique.
Par ailleurs, le sénateur américain Marco Rubio a annoncé la prochaine désignation du Cartel de los Soles comme organisation terroriste étrangère, affirmant que le groupe, dirigé par Maduro et de hauts fonctionnaires du gouvernement vénézuélien, est responsable d’actes de violence et de trafic de drogue dans l’hémisphère. Selon Rubio, à partir du 24 novembre, tout soutien matériel au cartel sera considéré comme un crime.
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