Home MondeLes États-Unis s’ouvrent aux négociations sur certains points du « plan de paix » pour l’Ukraine dans une course forcée par Trump

Les États-Unis s’ouvrent aux négociations sur certains points du « plan de paix » pour l’Ukraine dans une course forcée par Trump

by Clara Dubois

Publié le 2025-11-23 23:25:00. Des négociations intensives menées ce week-end pour tenter de mettre fin à la guerre en Ukraine ont permis, selon Washington, des avancées significatives, malgré un plan de paix américano-russe qui suscite la méfiance de Kiev et de plusieurs pays européens.

  • Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a fait état de « grands progrès » dans les discussions, tout en reconnaissant qu’il reste encore beaucoup de travail.
  • Un plan de paix en 28 points, élaboré conjointement par les États-Unis et la Russie, a provoqué la surprise et l’irritation de l’Ukraine et de certains pays européens, qui y voient une reprise des positions de Moscou.
  • Les négociations se poursuivent à Genève, avec une stratégie ukrainienne prudente visant à ne pas rejeter d’emblée l’accord, tout en soulignant la nécessité de garanties solides.

Les efforts diplomatiques se sont intensifiés ce week-end pour tenter de trouver une issue au conflit russo-ukrainien. Marco Rubio a annoncé dimanche après-midi que les négociations avaient franchi une étape importante, affirmant que « nous sommes bien plus avancés qu’il y a une semaine ». Cependant, il a immédiatement tempéré cet optimisme en soulignant que « il reste beaucoup à faire ». Cette nuance permet à l’Ukraine et à ses alliés européens de conserver une marge de manœuvre face à un plan de paix qui a été perçu comme une imposition.

Ce plan, composé de 28 points, a été élaboré conjointement par les États-Unis et la Russie. Sa publication a suscité une vive réaction de surprise et de colère de la part de Kiev et de plusieurs capitales européennes, qui y ont décelé une reproduction des arguments avancés par Moscou. Selon des sources proches des négociations, le plan comprend des concessions territoriales potentielles et des limitations sur la taille des forces armées ukrainiennes.

Marco Rubio a indiqué avoir discuté de la situation avec l’ancien président américain, Donald Trump, et s’être dit « plutôt satisfait » d’un accord qui reste « vivant et en constante évolution », les parties apportant encore des modifications. Les discussions se poursuivront lundi à Genève, avec une réunion entre les États-Unis et l’Ukraine à la mission diplomatique américaine auprès de l’ONU. La Russie, quant à elle, a déclaré qu’elle devait encore « discuter avec Washington » des détails de sa proposition.

L’approche de Marco Rubio semble plus conciliante que celle adoptée par Donald Trump. Dimanche soir, l’ancien président a de nouveau attaqué l’Ukraine, reprochant aux dirigeants de Kiev leur « manque de gratitude » envers le soutien américain et exerçant une pression accrue pour qu’ils acceptent le plan en 28 points dans les jours à venir.

L’Ukraine adopte une stratégie de communication prudente, évitant de rejeter catégoriquement l’accord afin de ne pas subir le même sort que celui qu’elle a connu en début d’année, lorsque la Maison Blanche l’avait accusée de freiner les progrès. Andreï Ermak, le responsable ukrainien en charge des pourparlers, a salué des réunions « productives » et a affirmé que les négociations progressaient vers une « paix juste et durable ». Il a également remercié les États-Unis et Donald Trump personnellement.

Cette ligne stratégique vise à ne pas contrarier ouvertement Donald Trump, tout en ignorant pour l’instant la plupart des points pro-russes du plan, comme le révèle un article du journal El Confidencial.

Les pays européens ont exprimé leur malaise face à leur marginalisation dans ces négociations, craignant que les États-Unis n’intensifient leur pression sur Kiev pour qu’elle accepte un plan qui favoriserait clairement les intérêts russes. L’Italie, représentée par Giorgia Meloni, a toutefois estimé que le plan de Trump pouvait servir de « base de discussion » pour parvenir à une paix « juste et durable », tout en se disant opposée à une « contre-proposition » européenne.

Le chancelier allemand, Frédéric Merz, s’est montré plus sceptique quant à la possibilité d’un accord acceptable pour l’Ukraine et l’Europe dans les prochains jours. Il a suggéré de tenter de parvenir à un accord portant sur un nombre de points inférieur à 28, soulignant que plusieurs modifications étaient nécessaires. Il a également soulevé des questions sur l’origine réelle du plan, laissant entendre que la Russie en aurait été le principal architecte. Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a également exprimé des doutes similaires, suggérant qu’il serait préférable de « savoir avec certitude qui est l’auteur du plan et où il a été élaboré ».

Les points clés des négociations

Les points du plan de paix de Trump qui suscitent le plus de désaccords concernent la rétrocession de la région orientale du Donbass à la Russie, la reconnaissance de la péninsule de Crimée comme territoire russe, la réduction du nombre de soldats ukrainiens (de 900 000 à 600 000) et l’engagement de Kyiv à ne pas adhérer à l’OTAN.

L’Ukraine considère également que les garanties de sécurité proposées par l’administration américaine sont trop vagues. Les partenaires européens rappellent que l’Ukraine avait renoncé à son arsenal nucléaire en échange de la promesse russe de respecter son intégrité territoriale, une promesse qui n’a pas été tenue.

Malgré ces désaccords, le président ukrainien a exprimé son espoir de parvenir à un accord, estimant qu’il était nécessaire d’« arrêter l’effusion de sang », tout en soulignant la nécessité de « garanties ». Il a indiqué que les équipes ukrainiennes et américaines, ainsi que leurs homologues européens, étaient en contact étroit et a exprimé son espoir d’un résultat positif, comme il l’a écrit sur X (anciennement Twitter).

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