Publié le 27 août 2023. Une absence de poignée de main entre les Premiers ministres japonais et chinois lors du sommet du G20 en Afrique du Sud témoigne de la détérioration rapide des relations bilatérales, exacerbée par les déclarations de Tokyo concernant Taïwan.
- Les Premiers ministres japonais Sanae Takaichi et chinois Li Qiang ne se sont pas adressé la parole lors du sommet du G20.
- Cette froideur intervient après des avertissements de Pékin suite aux propos de Mme Takaichi sur une possible intervention militaire japonaise en cas d’attaque contre Taïwan.
- Tokyo maintient sa position et se dit ouvert au dialogue malgré les tensions.
L’absence de contact direct entre Sanae Takaichi et Li Qiang, rapportée par l’agence Kyodo et relayée par Entre, illustre la profondeur des divergences actuelles entre le Japon et la Chine. La situation s’est envenimée après que la Première ministre japonaise a évoqué, le 7 novembre dernier, la possibilité d’une réponse militaire de Tokyo si Taïwan était menacée, notamment en cas de blocus maritime imposé par Pékin.
Le ministère chinois des Affaires étrangères a vivement réagi, par la voix de son chef, Wang Yi, dénonçant un « mauvais signal » et une transgression d’une « ligne rouge ». Selon Pékin, les déclarations de Mme Takaichi envoient un message dangereux et compromettent la stabilité régionale. En représailles, la Chine a récemment émis un avertissement aux voyageurs se rendant au Japon et a réinstauré l’interdiction des importations de produits de la mer japonais.
Interrogée à l’issue du sommet du G20, où elle participait pour la première fois, Mme Takaichi a affirmé qu’elle n’avait pas prévu de rencontre avec son homologue chinois. Elle a toutefois souligné que la détermination du Japon à établir des relations constructives avec Pékin restait inchangée.
« Depuis que j’ai pris mes fonctions, la détermination du Japon à construire des relations mutuellement bénéfiques, constructives et stables reste inchangée. Le Japon est ouvert au dialogue à différents niveaux. »
Sanae Takaichi, Première ministre japonaise
La Première ministre japonaise a reconnu l’existence de « préoccupations et de divergences » entre Tokyo et Pékin, mais a insisté sur la nécessité de les réduire par le dialogue et la coopération. « Il est important que le Japon transmette à la Chine les messages qui doivent l’être », a-t-elle ajouté.
Bien que des responsables japonais aient déjà exprimé leur inquiétude face aux menaces chinoises à l’égard de Taïwan, c’est la première fois qu’un Premier ministre japonais évoque explicitement une possible intervention militaire. Tokyo a refusé de revenir sur les propos de Mme Takaichi, les considérant comme conformes à la position historique du gouvernement japonais. Les relations entre le Japon et la Chine sont traditionnellement marquées par des tensions liées à des questions historiques, territoriales et stratégiques.
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