Publié le 24 novembre 2025 à 16h05. Des sénateurs américains demandent une enquête approfondie sur les revenus publicitaires de Facebook et Instagram, soupçonnés de faciliter la prolifération d’escroqueries et de produits illégaux, mettant en lumière les pratiques de Meta et son potentiel manque de contrôle.
- Les sénateurs Josh Hawley et Richard Blumenthal ont sollicité l’intervention de la Federal Trade Commission (FTC) et de la Securities and Exchange Commission (SEC) pour enquêter sur les revenus générés par les publicités frauduleuses sur les plateformes Meta.
- Des documents internes révèlent que Meta aurait tiré environ 16 milliards de dollars (environ 15 milliards d’euros) de revenus publicitaires illicites en 2024, dont 3,5 milliards de dollars (environ 3,2 milliards d’euros) provenant de publicités à haut risque tous les six mois.
- Les sénateurs pointent du doigt une possible réduction du personnel chargé de la sécurité chez Meta, contrastant avec des investissements massifs dans l’intelligence artificielle générative.
Washington – Les sénateurs américains Josh Hawley et Richard Blumenthal ont officiellement demandé aux autorités de régulation, la Federal Trade Commission (FTC) et la Securities and Exchange Commission (SEC), d’ouvrir des enquêtes sur les pratiques publicitaires de Facebook et Instagram. Leur requête fait suite à la publication d’un rapport de Reuters révélant l’ampleur des revenus générés par des publicités frauduleuses et illégales sur les plateformes détenues par Meta.
Selon des documents internes datant de fin 2024, Meta aurait perçu près de 16 milliards de dollars (environ 15 milliards d’euros) de revenus provenant de publicités illicites au cours de l’année. Plus précisément, l’entreprise aurait empoché 3,5 milliards de dollars (environ 3,2 milliards d’euros) chaque semestre grâce à des publicités jugées à « haut risque » de fraude. Ces chiffres soulèvent des questions sur l’efficacité des mesures de contrôle mises en place par Meta pour filtrer les contenus abusifs.
Les sénateurs Hawley et Blumenthal estiment que Meta devrait être tenu responsable de ces pratiques. Dans leur lettre adressée aux agences fédérales, ils demandent que des sanctions soient prises, notamment le remboursement des bénéfices illégitimement acquis, le paiement de pénalités financières et l’interdiction de diffuser de telles publicités à l’avenir. Ils insistent sur la nécessité d’une action rapide et énergique.
En réponse à ces accusations, un porte-parole de Meta, Andy Stone, a dénoncé des « affirmations exagérées et fausses ». Il a affirmé que l’entreprise luttait activement contre la fraude et les escroqueries, soulignant que ni les utilisateurs, ni les annonceurs légitimes, ni Meta elle-même ne souhaitaient ce type de contenu.
« Nous luttons de manière agressive contre la fraude et les escroqueries parce que les utilisateurs de nos plateformes ne veulent pas de ce contenu, les annonceurs légitimes n’en veulent pas et nous n’en voulons pas non plus. »
Andy Stone, porte-parole de Meta
Les sénateurs restent sceptiques quant à l’efficacité des efforts de Meta. Ils ont notamment examiné la « bibliothèque publicitaire » de l’entreprise, une base de données publique recensant toutes les publicités diffusées sur les plateformes Meta. Leur analyse a révélé la présence de publicités clairement identifiables pour des jeux illégaux, des escroqueries aux paiements, des arnaques liées aux cryptomonnaies, des services sexuels utilisant des deepfakes et de fausses offres d’avantages sociaux gouvernementaux.
Ils citent également un rapport de Reuters selon lequel Meta estime que ses plateformes sont impliquées dans un tiers de toutes les escroqueries aux États-Unis. La FTC estime quant à elle que les Américains ont perdu 158,3 milliards de dollars (environ 147 milliards d’euros) à cause d’escroqueries l’année dernière. Les sénateurs s’inquiètent particulièrement des publicités frauduleuses se faisant passer pour des représentants du gouvernement américain ou des personnalités politiques, citant l’exemple d’une fausse publicité promettant 1 000 dollars (environ 930 euros) aux bénéficiaires de l’aide alimentaire au nom de Donald Trump.
Selon la lettre des sénateurs, les escroqueries se sont développées sur Facebook et Instagram en raison d’une réduction significative du personnel chargé de la sécurité chez Meta, y compris pour les contrôles imposés par la FTC, alors que l’entreprise investissait massivement dans ses projets d’intelligence artificielle générative. Ils soulignent également que les auteurs de ces escroqueries sont souvent des groupes de cybercriminels basés en Chine, au Sri Lanka, au Vietnam et aux Philippines.