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« I Love LA » est volontairement drôle

Publié le 24 novembre 2025 14h30:00. La série J'aime Los Angeles atteint de nouveaux sommets d'humour grinçant dans son dernier épisode, porté par une performance mémorable d'Alani de True Whitaker, qui incarne le désespoir et l'ambition démesurée dans…

« I Love LA » est volontairement drôle

Publié le 24 novembre 2025 14h30:00. La série J’aime Los Angeles atteint de nouveaux sommets d’humour grinçant dans son dernier épisode, porté par une performance mémorable d’Alani de True Whitaker, qui incarne le désespoir et l’ambition démesurée dans un milieu superficiel.

  • L’épisode « Upstairses » se distingue par son humour noir et son exploration des compromis émotionnels auxquels sont confrontés les personnages.
  • Alani, obsédée par l’acteur Elijah Wood, livre une prestation comique inoubliable, oscillant entre maladresse et inconscience.
  • La série dépeint avec acuité les dynamiques sociales complexes et l’ascension sociale dans le monde des influenceurs à Los Angeles.

Dans l’épisode « Upstairses », Maia (Rachel Sennott), Tallulah (Odessa A’zion) et Charlie (Jordan Firstman) tentent de percer dans le milieu des influenceurs lors d’une soirée mondaine. Mais c’est Alani, interprétée par Alani de True Whitaker, qui vole la vedette. Possédée par une obsession singulière pour l’acteur Elijah Wood, elle se lance dans une quête désespérée pour attirer son attention.

Alani est une fervente admiratrice de Wood depuis qu’ils ont partagé un moment lors d’une séance de questions-réponses à NYU. Malgré l’absence annoncée de l’acteur à la fête, Alani et Maia découvrent qu’il se cache à l’étage, absorbé par des vidéos YouTube. Elles multiplient alors les tentatives pour le séduire, mais c’est le regard suppliant d’Alani qui la propulse au rang de personnage tragique et comique à la fois.

Lorsqu’il leur explique le concept du palais de la mémoire, Wood leur donne un exemple : « Comment s’appelle le fils de mon chef d’entreprise ? » La réaction d’Alani est instantanée et désarmante : « Tirez ! Je ne sais pas ! ». Cette prestation est parfaite, à mi-chemin entre la panique et l’inconscience, et d’une drôlerie absolue.

L’exacerbation de Whitaker n’est qu’un élément d’un ensemble qui fait de « Upstairses » l’épisode le plus marquant de la série à ce jour. On pourrait le comparer à une sitcom qui a mal tourné, évoquant l’esprit de la série Girls et sa fameuse rave de Bushwick. Dans cet épisode, aucun personnage n’agit par hasard, mais chacun est confronté à un dilemme émotionnel croissant. L’épisode semble démontrer que J’aime Los Angeles est à son meilleur lorsqu’il confronte ses personnages aux excentricités et aux monstres qui peuplent la version fictive de Los Angeles, plutôt qu’aux conflits internes.

Tallulah, par exemple, répète inlassablement une scène TikTok inspirée de Kramer contre Kramer aux côtés de l’influenceur Quen Blackwell, tandis que Charlie courtise à la fois romantiquement et professionnellement Landry (Froy Gutierrez), un chanteur chrétien viral à la recherche d’un nouveau styliste.

Le désespoir ambiant de « Upstairses » donne lieu à certaines des blagues les plus réussies de la série. Charlie, Tallulah et Maia sont des manipulateurs, cherchant à jouer le jeu social pour progresser. Alani, en revanche, reste le cœur le plus pur – sans prétention et inconsciente d’une manière qui permet à Whitaker de mettre en valeur la complexité de son personnage. En tant que « nepo baby » du groupe, Alani a déjà obtenu ce que beaucoup d’autres désirent, ce qui explique que son ambition se manifeste comme un besoin d’être désirée.

Tout comme elle se promenait dans une salle d’écrivains en parlant de son passage à Crosswords sans la moindre gêne, elle tente et échoue à capter l’attention de Wood encore et encore. Son humiliation est notre divertissement : elle n’a rien à perdre et tout à gagner de son intérêt.

Au-delà de la structure presque parfaite de l’épisode, on assiste à une succession de gags, de la question de Landry sur le nombre de glaçons dans une boisson à l’obsession de Tallulah pour les crevettes à la fête, sans oublier la consommation omniprésente de vin orange. Une capture d’écran d’un épisode précédent a circulé sur les réseaux sociaux la semaine dernière, mettant en avant une réplique de Charlie faisant référence à sa « discussion de groupe sur le droit de naissance ». Cette ligne, comme beaucoup d’autres dans J’aime Los Angeles, est une satire mordante. La série regorge de blagues – dont beaucoup sont drôles si l’on est prêt à rire du manque de conscience de soi et de l’ambition débridée de ces personnages.

Rachel Sennott a déclaré sur le tapis rouge lors de la première de la série que le titre alternatif de la sitcom aurait pu être Grimpeurs – en référence aux « social climbers ». Et c’est à partir de « Upstairses » que l’on prend conscience des conséquences néfastes (et hilarantes) d’une série sur l’ascension sociale. Ils ont peut-être réussi à s’intégrer pour une soirée, mais ils devront redescendre à toute vitesse.

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.