Une ascension fulgurante qui interroge : l’Américain Cole Keefer, inconnu du grand public il y a encore quelques semaines, pointe désormais à la 47e place du classement mondial de golf, une progression spectaculaire qui soulève des questions sur les critères actuels de l’Official World Golf Ranking (OWGR).
Cette percée inattendue est due en grande partie à une performance remarquable au RSM Classic à Sea Island la semaine dernière, où Keefer a terminé à la 7e place, son meilleur résultat en carrière. Il s’agissait seulement de son sixième tournoi sur le PGA Tour et de sa troisième qualification pour le cut à ce niveau.
Deux victoires sur le Korn Ferry Tour (KFT), le circuit de développement du PGA Tour, ont également contribué à son ascension. Au cours des deux dernières années, l’ancien étudiant de l’université de Baylor a enregistré 25 classements dans le top 25, combinant ses performances sur le KFT et le PGA Americas Tour.
Keefer a participé à deux tournois majeurs cette année, manquant le cut au Championnat PGA et terminant à la 61e place à l’US Open. Pourtant, ces résultats, combinés à ses performances sur les circuits inférieurs, lui ont valu un classement mondial étonnamment élevé.
Cette situation pose la question de la pertinence des algorithmes utilisés par l’OWGR. Certains observateurs s’interrogent sur cette anomalie, notamment en comparaison avec le cas d’Harry Hall, golfeur britannique basé aux États-Unis, considéré par beaucoup comme l’un des meilleurs putters au monde. Hall, classé 57e, se retrouve dix places derrière Keefer, malgré sa participation au Tour Championship, la finale de la saison du PGA Tour, où il a terminé 17e au classement général.
Les données compilées par Data Golf, qui prennent en compte les performances sur tous les circuits, y compris le LIV Golf, offrent une perspective différente. Hall y figure à la 19e place, tandis que Keefer n’est qu’à la 91e position.
Le golf américain, du PGA Tour vers le bas, domine actuellement l’OWGR. Parmi les 50 premiers joueurs mondiaux, seuls Marco Penge et Tyrrell Hatton ont bâti leur classement en jouant principalement en dehors des États-Unis. Penge, grâce à ses trois victoires sur le DP World Tour, occupe la 30e place mondiale. Hatton, quant à lui, combine des performances solides sur le DP World Tour avec des résultats décents dans les tournois majeurs, malgré son calendrier non comptabilisé sur le LIV Golf.
Cet déséquilibre s’accentue avec la promotion automatique des dix meilleurs joueurs du DP World Tour vers le PGA Tour à la fin de chaque saison. Penge figure parmi ceux qui feront le voyage aux États-Unis en 2026. Cependant, sur les neuf joueurs qui ont “gradué” l’année dernière, seuls deux – Rasmus Hojgaard (84e) et Thorbjorn Olesen (96e) – ont réussi à se maintenir dans le top 100, conservant ainsi leurs privilèges de jeu complets. Matteo Manassero, Paul Waring (dont la saison a été perturbée par une blessure) et Antoine Rozner feront donc leur retour sur le DP World Tour l’année prochaine.
La dernière journée de compétition a été source de déception pour de nombreux joueurs, dont l’Anglais Matt Wallace, qui a manqué le top 100 de seulement trois places. Il conservera des opportunités de jeu, mais avec moins de certitude quant aux tournois auxquels il participera et des délais d’attente plus longs pour connaître son calendrier.
Wallace, actuellement 74e mondial, a réalisé une année productive avec deux classements dans le top 3 et une performance dans le top 20 à l’US PGA. Bien qu’il aurait souhaité de meilleurs résultats, il a su tirer parti de son temps de jeu sur les deux circuits les plus exigeants de la planète.
Comme l’a démontré Keefer, jouer aux États-Unis offre un potentiel d’ascension rapide au classement mondial, même pour ceux qui ne sont pas encore des noms familiers.
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