La Corée du Sud tente un pari audacieux : retrouver une vie normale malgré la menace persistante du coronavirus, tandis que d’autres pays sont confrontés aux conséquences économiques et sociales de la pandémie, notamment une précarité croissante pour les travailleurs migrants et une augmentation des besoins humanitaires même dans les villes les plus prospères.
À Séoul, le maire Park Won-soon a ordonné la fermeture indéfinie de tous les bars et discothèques de la capitale suite à la découverte d’un foyer de plus de 40 cas de Covid-19 liés à des établissements de nuit fréquentés par un homme de 29 ans. Les autorités sanitaires ont entrepris de retracer les contacts de 7 200 personnes ayant visité cinq discothèques du quartier d’Itaewon. Kwon Jun-wok, un haut responsable du contrôle des maladies, a indiqué que 27 cas avaient été confirmés parmi les habitués des clubs et leurs contacts.
Cette décision intervient quelques jours après que le gouvernement sud-coréen a encouragé ses citoyens à « sortir, socialiser et s’amuser », marquant le début d’une tentative de retour à la vie d’avant la pandémie. Cependant, les autorités restent vigilantes et se réservent le droit de réimposer des restrictions si nécessaire.
Par ailleurs, une mystérieuse maladie touchant les enfants, le « syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique », inquiète les médecins. Trois jeunes enfants sont décédés de ce syndrome dans l’État de New York, et plus de 73 autres sont tombés malades. Des cas similaires ont été signalés dans plusieurs pays européens, dont la France, le Royaume-Uni, la Suisse, l’Espagne et l’Italie. Les symptômes incluent de la fièvre, des éruptions cutanées et des douleurs abdominales, mais pas nécessairement la toux ou l’essoufflement typiques du Covid-19.
Des chercheurs de Hong Kong ont publié une étude prometteuse dans The Lancet, suggérant qu’une combinaison de médicaments antiviraux – le lopinavir-ritonavir, la ribavirine et l’interféron bêta-1b – pourrait accélérer la guérison des patients atteints de formes légères à modérées de Covid-19. Les patients traités avec ce cocktail ont été testés négatifs en moyenne après sept jours, contre douze jours pour ceux ayant reçu uniquement le lopinavir-ritonavir.
Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a approuvé le premier test antigénique permettant de détecter rapidement une infection au coronavirus, ce qui devrait considérablement augmenter la capacité de dépistage.
La pandémie a également mis en lumière les inégalités sociales et économiques, notamment dans les pays du Golfe persique. La baisse des prix du pétrole et l’effondrement du tourisme mettent en difficulté les millions de travailleurs migrants qui soutiennent l’économie de ces nations. Ces travailleurs, souvent plus nombreux que la population locale, sont confrontés à des pertes d’emplois, à des difficultés d’approvisionnement alimentaire et à une xénophobie croissante. En 2017, ils ont envoyé plus de 124 milliards de dollars (environ 112 millions d’euros) à leurs pays d’origine.
Même dans des villes prospères comme Genève, en Suisse, la crise a révélé des failles sociales. Plus de 1 500 personnes ont fait la queue pendant des heures pour recevoir un sac de nourriture d’une valeur d’environ 20 dollars (environ 18 euros), un symbole poignant de la misère causée par la pandémie. Selon Djann Jutzler, un porte-parole de Médecins sans frontières, de nombreuses personnes dans la file d’attente n’avaient pas de citoyenneté légale ni de couverture médicale.
La Suisse prévoit d’assouplir son confinement lundi, avec la réouverture des écoles primaires, des magasins, des restaurants et des bars. Plus de 30 000 Suisses ont contracté le Covid-19 et plus de 1 500 en sont décédés, mais le nombre de nouveaux cas a considérablement diminué ces derniers jours.