Publié le 25 novembre 2025 à 06h03. Une impasse persistante concernant l’avenir du directeur général de l’aéroport de Dublin, Kenny Jacobs, conduit l’autorité aéroportuaire (DAA) à suspendre une demande de planification clé, tandis que le ministre des Transports, Darragh O’Brien, maintient son refus d’approuver une indemnité de départ de près d’un million d’euros.
- Le conseil d’administration de la DAA a décidé de suspendre une demande de planification visant à augmenter la capacité de l’aéroport de Dublin à 36 millions de passagers par an.
- Le ministre des Transports bloque une indemnité de sortie de près d’un million d’euros pour Kenny Jacobs, ce qui pourrait entraîner des poursuites judiciaires.
- Les relations entre le conseil d’administration et M. Jacobs sont rompues, ce dernier ne bénéficiant plus du soutien des administrateurs.
La situation à l’aéroport de Dublin s’envenime. Le conseil d’administration de la DAA a pris la décision de mettre en suspens une demande de planification déposée auprès du Conseil du comté de Fingal il y a près d’un an. Cette demande concernait des travaux de « non-construction » visant à relever le plafond annuel de passagers de l’aéroport, actuellement fixé à 32 millions, à 36 millions. Cette suspension intervient alors que les relations entre la direction de l’aéroport et le ministre des Transports, Darragh O’Brien, sont au plus bas.
Le différend porte principalement sur l’indemnité de départ de Kenny Jacobs, dont le ministre a refusé l’approbation. Cette somme, avoisinant un million d’euros, était censée mettre fin aux divisions au sein du conseil d’administration de la DAA. Le retour de M. O’Brien à Dublin après le sommet sur le climat Cop30 au Brésil avait suscité l’espoir d’une résolution rapide, mais les espoirs de compromis semblent s’éloigner, ouvrant la voie à une possible bataille juridique.
La demande de planification suspendue faisait partie d’un ensemble de deux requêtes distinctes adressées au Conseil de Fingal. La seconde, plus détaillée, concerne des infrastructures majeures et est toujours en cours d’examen par les planificateurs. Le plafond de 32 millions de passagers a déjà été dépassé en 2024 et devrait l’être à nouveau cette année, mais son application a été suspendue pour deux ans en avril, en attendant une décision des tribunaux européens.
Les prévisions actuelles estiment que le nombre de passagers en 2025 atteindra 36,5 millions, soit 4,5 millions de plus que la limite autorisée. La solution proposée par M. Jacobs, celle de la « non-construction », visait à obtenir rapidement l’accord du Conseil de Fingal pour augmenter le plafond sans engager de nouveaux travaux d’infrastructure. Cependant, cette demande a rapidement été jugée invalide par les planificateurs, suscitant une vive réaction de la DAA, qui a conduit le Conseil de Fingal à envisager de porter plainte auprès du département de M. O’Brien pour ce qu’il qualifie de « conduite choquante ».
Une demande révisée a été soumise en février, mais le conseil a demandé des informations supplémentaires et a sollicité l’avis des régulateurs du bruit des avions. Cette application controversée est restée en suspens même après la décision du gouvernement en octobre d’approuver un projet de loi visant à supprimer le plafond par voie législative.
Contactée, la DAA a déclaré : « En ce qui concerne le statut procédural de la demande opérationnelle de la DAA auprès du [Conseil de Fingal], la DAA n’a aucun commentaire à faire. » Concernant les discussions avec le ministre au sujet de M. Jacobs, l’autorité a ajouté : « La DAA n’a aucun commentaire à faire concernant les questions du conseil d’administration, qui sont confidentielles. »
Les relations entre le conseil d’administration et M. Jacobs se sont détériorées au cours de l’été, les administrateurs estimant que le directeur général n’était plus en mesure d’exercer ses fonctions. Bien que le ministre ait encouragé une réconciliation, le conseil d’administration a maintenu sa position, ayant déjà approuvé à l’unanimité l’accord de départ en septembre. Deux plaintes formelles déposées contre M. Jacobs ont été rejetées plus tôt cette année, mais le conseil reste préoccupé par d’autres questions soulevées lors d’une enquête menée par un avocat.
M. Jacobs a exprimé son désir de rester en poste, mais il ne bénéficie plus du soutien du conseil d’administration. L’indemnité de départ avait été proposée après des négociations de médiation, l’une des trois options envisagées par le conseil en août : une procédure disciplinaire, une motion de défiance ou l’accord de sortie. Il est largement admis que les deux premières options pourraient entraîner des poursuites judiciaires de la part de M. Jacobs.
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