Publié le 25 juin 2024 à 14h15. Un chauffeur de bus dublinois a perdu son recours en licenciement abusif après avoir refusé de se soumettre à un test de dépistage de drogues et d’alcool effectué par un prélèvement buccal, une procédure mise en place par son employeur, Dublin Bus.
- Philip McMahon, chauffeur chez Dublin Bus depuis 28 ans, a été licencié pour faute grave.
- Il contestait la légalité de la procédure de test, effectuée par une entreprise privée, Randox.
- Le WRC (Workplace Relations Commission) a rejeté son recours, estimant que la sécurité du public primait sur ses objections personnelles.
Philip McMahon, chauffeur de bus à Dublin depuis 1996, a été licencié en juillet 2024 après avoir refusé de se soumettre à un test de dépistage de drogues et d’alcool sur le dépôt de Summerhill. L’entreprise, Dublin Bus, avait mandaté la société Randox pour effectuer ces tests aléatoires, une initiative lancée après la pandémie de Covid-19 afin de garantir la sécurité des passagers et du personnel.
M. McMahon soutenait que son licenciement était injustifié, arguant que la procédure de prélèvement buccal imposée par Randox était intrusive et qu’il n’avait aucun problème à se soumettre à des tests effectués par le médecin-chef de l’entreprise, selon des protocoles établis. Il affirmait également que Dublin Bus l’avait faussement accusé de refus de coopération.
Devant le WRC, M. McMahon a déclaré avoir trouvé un nouvel emploi de chauffeur de car longue distance après six mois de chômage. Il a précisé qu’il accepterait de se soumettre à des alcootests effectués par la police (Gardaí), mais qu’il refusait catégoriquement tout prélèvement d’ADN sur son lieu de travail par une entreprise privée.
Dublin Bus, représentée par le groupe d’employeurs IBEC, a maintenu que le licenciement était justifié. L’entreprise a souligné la nécessité de garantir un environnement de travail sûr et de respecter les obligations en matière de sécurité.
Penelope McGrath, responsable de l’arbitrage au WRC, a reconnu que M. McMahon avait été un employé fiable et assidu pendant de nombreuses années, et qu’il avait rencontré des difficultés pendant les périodes de confinement liées à la pandémie de Covid-19. Elle a noté qu’il avait exprimé un malaise face à la politique de vaccination et qu’il avait pu ressentir un certain jugement social à cette époque.
Le WRC a également pris en compte les négociations difficiles qui avaient eu lieu entre Dublin Bus et les syndicats pour mettre en place les tests de dépistage de drogues et d’alcool. Cependant, Mme McGrath a affirmé que la justification de ces tests était « hors de tout doute ». Elle a souligné que Dublin Bus avait légitimement cherché à mettre en œuvre une politique de sécurité rigoureuse.
Selon le WRC, M. McMahon « semblait penser que la politique, publiée et en vigueur depuis 2022, ne s’appliquait pas à lui ». Il insistait sur le fait qu’il n’était disposé à fournir des échantillons d’haleine, de salive, de sang ou d’urine qu’au médecin-chef de l’entreprise.
Mme McGrath a conclu que Dublin Bus n’avait aucune raison de suspecter M. McMahon d’être sous l’influence de drogues ou d’alcool au moment des faits. Cependant, elle a ajouté :
« Si le plaignant avait choisi de se soumettre au test, on n’en serait pas là. »
Penelope McGrath, responsable de l’arbitrage au WRC
Elle a également estimé que Dublin Bus avait agi de manière appropriée en menant une enquête approfondie et en donnant à M. McMahon la possibilité de se justifier. Elle a rejeté l’idée que M. McMahon craignait une utilisation abusive de son ADN, déclarant :
« Il était tout simplement catégorique sur le fait que son ADN ne lui serait extrait sous aucun prétexte. »
Penelope McGrath, responsable de l’arbitrage au WRC
En fin de compte, le WRC a estimé que la nécessité de garantir la sécurité du public primait sur les objections personnelles de M. McMahon. La décision confirme la légalité de la politique de Dublin Bus en matière de tests de dépistage de drogues et d’alcool.