Publié le 26 novembre 2025 à 05h32. L’influence américaine en Asie est en perte de vitesse face à la montée en puissance de la Chine, selon une nouvelle étude du Lowy Institute. Si les États-Unis conservent pour l’instant leur position dominante, les politiques protectionnistes de l’administration Trump et les investissements chinois croissants menacent cet avantage.
- Les États-Unis restent la première puissance d’Asie, mais l’écart avec la Chine se réduit.
- Les droits de douane imposés par l’administration Trump ont affaibli l’influence diplomatique américaine dans la région.
- L’Australie voit son influence diminuer, malgré des accords de sécurité récents avec plusieurs pays du Pacifique et d’Asie du Sud-Est.
Une étude récente du Lowy Institute, intitulée Asia Power Index 2025, révèle un changement de dynamique en Asie. Si les États-Unis disposent toujours de ressources et d’une influence considérables, qui leur permettent de conserver la première place, la Chine gagne du terrain à un rythme soutenu. L’indice souligne que les droits de douane mis en place par l’administration Trump ont eu un impact négatif sur la diplomatie américaine dans la région, tandis que Pékin continue de renforcer sa position militaire.
L’Australie, quant à elle, voit son influence relative diminuer. Le pays a glissé à la sixième place du classement, dépassé par la Russie, qui occupe désormais la cinquième position. Ce recul intervient malgré les efforts du gouvernement australien pour conclure des accords de sécurité avec des nations du Pacifique et d’Asie du Sud-Est, notamment Nauru, Tuvalu, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et l’Indonésie. L’Australie a conclu de nombreux accords historiques avec des pays de la région.
Susannah Patton, directrice du programme Asie du Sud-Est au Lowy Institute, souligne que la question cruciale est de savoir si l’Australie dispose des ressources nécessaires pour concrétiser ces partenariats. « L’économie australienne devient relativement plus petite par rapport à d’autres pays de la région qui connaissent une croissance plus rapide », explique-t-elle. Elle ajoute que, bien que l’Australie ait annoncé des investissements importants dans ses forces de défense, ces derniers ne se sont pas encore traduits par des capacités militaires tangibles. « Cela signifie que l’Australie recule, relativement, en même temps que notre ambition augmente », a-t-elle déclaré à la chaîne ABC.
« Il s’agit d’un défi à long terme : aurons-nous les ressources dont nous avons besoin pour donner suite aux partenariats de sécurité que nous signons ? »
Susannah Patton, directrice du programme Asie du Sud-Est au Lowy Institute
Les États-Unis et la Chine restent les principales puissances de la région
L’Amérique de Donald Trump perd son avantage sur la Chine de Xi Jinping dans la région Asie. (Reuters : Evelyn Hockstein)
L’indice 2025 confirme que la Chine et les États-Unis demeurent bien plus puissants que tous les autres pays d’Asie, avec une avance significative sur l’Inde et le Japon. Les tarifs douaniers massifs imposés par l’administration Trump aux pays asiatiques ont fragilisé la position diplomatique des États-Unis. Les États-Unis sont également confrontés à des « défis structurels à long terme pour leur puissance en Asie ».
« L’économie américaine est en croissance, mais elle ne croît pas aussi vite que certaines économies à croissance rapide en Asie, comme la Chine, ce qui pose un défi à long terme à la présence américaine en Asie », explique Mme Patton. Elle souligne également la modernisation militaire rapide de la Chine, qui remet en question la domination militaire américaine dans la région. « La Chine a progressivement érodé l’avance américaine depuis 2018. »
L’indice révèle également que la Chine « semble bien préparée et confiante dans ses réponses aux politiques économiques coercitives américaines, en ripostant avec ses propres tarifs douaniers et contrôles des exportations ». Pékin a réussi à se positionner auprès des pays de la région comme un partenaire fiable, opposé au protectionnisme et à l’unilatéralisme, profitant ainsi de l’incertitude quant à l’approche de l’administration Trump à l’égard de l’Asie.
Cependant, la Chine n’a pas encore réussi à établir des liens militaires ou de défense significatifs avec d’autres pays asiatiques. Les États-Unis conservent une « nette domination » sur ce front, grâce à leur vaste réseau d’alliances militaires et de partenariats de défense à travers l’Asie.