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Les actions mondiales suivent Wall Street alors que les attentes de la Fed ancrent le sentiment

Les marchés financiers mondiaux ont poursuivi leur progression mercredi, portés par des espoirs croissants d'un assouplissement de la politique monétaire américaine. Cette dynamique positive, alimentée par des indicateurs économiques américains plus faibles et une baisse des rendements obligataires,…

Les actions mondiales suivent Wall Street alors que les attentes de la Fed ancrent le sentiment

Les marchés financiers mondiaux ont poursuivi leur progression mercredi, portés par des espoirs croissants d’un assouplissement de la politique monétaire américaine. Cette dynamique positive, alimentée par des indicateurs économiques américains plus faibles et une baisse des rendements obligataires, a encouragé les investisseurs à prendre des risques, entraînant une hausse des indices boursiers en Asie et en Europe.

L’orientation actuelle des marchés reste largement déterminée par les anticipations concernant les décisions des banques centrales, plutôt que par les performances fondamentales des entreprises. La publication de données économiques américaines décevantes mardi a affaibli le dollar (DXY), atteignant son plus bas niveau depuis une semaine, et a renforcé l’idée que la Réserve fédérale pourrait envisager de réduire ses taux d’intérêt le mois prochain. Cette faiblesse économique, combinée à une certaine stabilité sur le marché du travail, a été interprétée comme un signal suffisant pour justifier une baisse des taux à court terme, sans pour autant signaler un ralentissement économique brutal.

Cette conjoncture macroéconomique favorable a propulsé les marchés américains à la hausse, une tendance que les places asiatiques et européennes ont suivie dès l’ouverture mercredi. Si la reprise a été généralisée, le secteur technologique a particulièrement attiré l’attention, les investisseurs évaluant les possibles changements de leadership dans le domaine de l’intelligence artificielle. Le titre Nvidia (NASDAQ:NVDA) a subi des pressions à la vente en raison des craintes que Google (NASDAQ:GOOGL) ne renforce sa concurrence dans le développement de semi-conducteurs pour l’IA. Cependant, l’indice global a tout de même progressé dans les échanges à terme, ce qui témoigne d’une concentration des investisseurs sur la liquidité macroéconomique plutôt que sur les risques spécifiques à un secteur.

En Europe, les gains ont été plus modestes et réguliers, alors que les investisseurs attendent le budget d’automne britannique, qui devrait être marqué par un resserrement budgétaire. L’attention se porte notamment sur la question de savoir si des augmentations d’impôts contribueront à maîtriser l’inflation, permettant ainsi à la Banque d’Angleterre de réévaluer sa politique de taux d’intérêt.

Les marchés asiatiques ont affiché une dynamique plus forte, avec une hausse de 1,8 % pour le Japon et un rebond de 5,8 % pour SoftBank, après une forte baisse la veille. L’indice Kospi de la Corée du Sud a gagné 2,7 %, reflétant un appétit régional soutenu pour les actifs sensibles à la croissance.

Les contrats à terme américains progressaient également avant la séance de bourse écourtée en raison des vacances, avec une hausse de 0,4 % pour les contrats Dow Jones, de 0,3 % pour les contrats S&P 500 et de 0,5 % pour les contrats Nasdaq. Ces mouvements confirment une propension au risque alimentée par les anticipations concernant la politique monétaire, plutôt que par les résultats des entreprises.

Sur le marché des changes, l’indice du dollar s’échangeait à 99,757, proche de son plus bas niveau de 99,602, ce qui indique une diminution de l’avantage lié aux taux d’intérêt. La livre sterling a légèrement augmenté pour atteindre 1,3176 $, soutenue par les attentes d’une politique budgétaire plus rigoureuse au Royaume-Uni. Cependant, le taux de change est resté globalement stable, ce qui suggère que les investisseurs se concentrent principalement sur la situation britannique et la trajectoire de la politique monétaire du pays.

Dans le secteur obligataire, les rendements des bons du Trésor américain ont légèrement augmenté pour atteindre 4,012 %, avant l’adjudication de 44 milliards de dollars d’obligations à sept ans. Cette décision témoigne d’un positionnement prudent plutôt que d’un changement dans les anticipations concernant les taux d’intérêt. Au Royaume-Uni, le rendement des obligations d’État à 10 ans a légèrement augmenté pour atteindre 4,514 %, après les baisses précédentes.

Les matières premières ont montré des réactions modérées. Le pétrole brut s’échangeait à 61,84 dollars le baril et le Brent à 58 dollars, sans changement significatif dans un contexte d’incertitude géopolitique et de signes de faiblesse de la demande. L’or a augmenté de 0,4 % pour atteindre 1 957,90 dollars l’once troy, reflétant la faiblesse du dollar et les anticipations d’un assouplissement de la politique monétaire. Le cuivre a gagné 0,9 % pour atteindre 87 837 dollars, mais reste en dessous de son sommet d’octobre, ce qui indique un ralentissement de la dynamique spéculative.

À court terme, le sentiment du marché dépendra des publications économiques de mercredi, notamment les données de l’ADP et de l’ISM. Des signes de ralentissement des créations d’emplois ou de contraction de l’activité manufacturière renforceraient les attentes de baisse des taux, soutenant les actions et les métaux précieux tout en exerçant une pression sur le dollar et les rendements obligataires.

Le scénario de base reste une confirmation progressive de la désinflation et d’un assouplissement de la politique monétaire avant la réunion de décembre, ce qui soutiendrait les marchés boursiers mondiaux et le prix de l’or. Un scénario alternatif verrait un marché du travail ou des biens durables plus résilients, réduisant la probabilité de baisses de taux imminentes, renforçant le dollar et poussant les rendements à la hausse, ce qui exercerait une pression sur les valeurs technologiques et de croissance.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.