Le dernier film d’Oliver Laxe, Sirāt, a divisé la critique après avoir remporté un prix au Festival de Cannes. Si l’esthétique visuelle et la performance de Sergi López sont saluées, le récit, jugé obscur et prétentieux, laisse un sentiment de vide.
L’intrigue suit Luis (Sergi López), un homme d’âge mûr, et son jeune fils Esteban (Bruno Núñez Arjona) qui parcourent le désert marocain à la recherche de Mar, la fille adolescente de Luis, disparue depuis plusieurs mois. Leur quête les mène à une rave illégale, où Luis distribue désespérément des flyers avec la photo de sa fille, interrogeant les participants sur son éventuelle présence. Il rencontre alors Bigui (Richard “Bigui” Bellamy), Jade (Jade Oukid), Steff (Stefania Gadda) et Tonin (Tonin Janvier), des figures marginales qui semblent à la fois perdues et défiantes.
L’atmosphère initiale, à la fois dionysiaque et désespérée, est un point fort du film. La foule, rassemblée dans le désert, évoque à la fois une transe collective et un enfer personnel. Cependant, l’arrivée de l’armée, qui disperse la fête et réquisitionne le territoire pour des exercices militaires, marque un tournant. Bigui et ses compagnons s’échappent, se dirigeant vers une nouvelle rave, et Luis les suit, persuadé qu’il y trouvera des indices sur le sort de sa fille.
Le film soulève la question de la pertinence de la recherche de Luis : Mar est une jeune femme adulte et pourrait ne pas souhaiter être retrouvée. Cette ambiguïté narrative, prometteuse au départ, s’estompe progressivement, laissant place à une succession d’événements déconcertants. Les scènes ultérieures, notamment des explosions dans le désert, sont décrites comme relevant du grotesque, évoquant les Monty Python.
Malgré ces faiblesses narratives, Sirāt ne manque pas d’atouts visuels. Oliver Laxe parvient à capturer la beauté austère du paysage marocain, et Sergi López apporte une profondeur certaine à son personnage. Le titre du film, Sirāt, fait référence au chemin étroit et périlleux menant au paradis en arabe, une métaphore qui résonne avec l’errance des personnages.
En définitive, le film est perçu comme une expérience visuelle impressionnante mais creuse, une improvisation dans le Sahara qui, après un début prometteur, se révèle dénuée de sens et d’émotion véritable. Sirāt est actuellement en salles aux États-Unis et sortira le 27 février au Royaume-Uni.