Publié le 26 novembre 2025 17:58:00. L’administration américaine a annoncé la fin du statut de protection temporaire (TPS) pour les ressortissants haïtiens, malgré une situation sécuritaire et politique toujours très préoccupante sur l’île. Cette décision, qui prendra effet en février 2026, pourrait entraîner le retour forcé de dizaines de milliers de personnes.
- Le Département de la Sécurité intérieure (DHS) met fin au TPS pour Haïti à partir du 3 février 2026.
- Washington estime que les conditions ne sont plus remplies pour maintenir cette protection, même si la violence des gangs persiste.
- Cette décision intervient après une prolongation du TPS par l’administration Biden en 2024, justifiée par une crise multidimensionnelle en Haïti.
Malgré la reconnaissance des difficultés haïtiennes, le DHS a annoncé que les citoyens haïtiens ne bénéficiant d’aucune autre voie d’immigration devront quitter les États-Unis avant le 3 février 2026. La décision a été officialisée par un avis publié au Federal Register. Selon les services de citoyenneté et d’immigration (USCIS), la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a estimé qu’Haïti ne répond plus aux critères requis pour bénéficier du statut de TPS.
Dans un communiqué, l’USCIS précise que, même en tenant compte des conditions actuelles, « il existe des régions du pays dans lesquelles vous pouvez retourner ». Cette affirmation intervient alors que la situation sécuritaire en Haïti s’est considérablement dégradée depuis mars 2024, suite à la menace d’une guerre civile formulée par le chef de gang le plus puissant du pays si le Premier ministre Ariel Henry ne démissionnait pas. Henry a finalement démissionné, ouvrant la voie à la formation d’un conseil de transition.
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estimait, dans un rapport de novembre 2024, que plus de 1,4 million de personnes avaient été déplacées à l’intérieur du pays, principalement en raison de la violence des gangs. Ces groupes armés continuent de semer la terreur à travers le pays, commettant des pillages, des meurtres, des viols et des enlèvements dans un contexte d’instabilité politique chronique. Haïti, déjà le pays le plus pauvre d’Amérique latine, est confrontée à une escalade de la violence qui rend la vie quotidienne extrêmement difficile pour sa population.
L’administration américaine justifie sa décision en affirmant que le maintien du TPS est « contraire à l’intérêt national des États-Unis ». Elle explique également que l’incapacité à accéder aux forces de l’ordre ou à des informations de sécurité fiables limite sa capacité à examiner et à rejeter les demandes de protection temporaire des ressortissants haïtiens. Cette justification contraste avec les conclusions du gouvernement Biden en 2024, qui avait prolongé le TPS en invoquant « des crises économiques, sécuritaires, politiques et sanitaires simultanées », ainsi qu’une activité accrue des gangs et l’absence d’un gouvernement capable d’assurer la sécurité de la population.
L’ambassadrice américaine auprès des Nations Unies a d’ailleurs reconnu fin août que des inquiétudes subsistaient quant à l’escalade de la violence et à l’expansion territoriale des gangs, comme le rapporte le DHS dans son avis. Pour plus d’informations sur la situation en Haïti, vous pouvez consulter cet article d’Univision.
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