Home SantéL’ocrelizumab entraîne une baisse des taux d’hospitalisation par rapport au rituximab dans la SEP

L’ocrelizumab entraîne une baisse des taux d’hospitalisation par rapport au rituximab dans la SEP

by Sophie Martin

Publié le 26 novembre 2025 à 23h03. Une nouvelle analyse de données réelles suggère que l’ocrelizumab (Ocrevus) pourrait présenter un profil de sécurité plus favorable que le rituximab (Rituxan) chez les patients atteints de sclérose en plaques (SEP), une maladie neurologique auto-immune.

  • Les patients traités au rituximab présentent un risque d’hospitalisation significativement plus élevé que ceux traités à l’ocrelizumab.
  • Le rituximab est associé à un risque accru d’hypogammaglobulinémie et, dans certains cas, d’infections.
  • Les chercheurs soulignent que les différences de sécurité pourraient justifier une réévaluation des politiques de prescription basées sur le coût.

Des chercheurs de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF) ont mené une étude rétrospective approfondie, simulant un essai clinique à grande échelle, en analysant les données de santé de plus de 1 300 patients atteints de SEP. L’objectif était de comparer directement les profils de sécurité de l’ocrelizumab et du rituximab, deux anticorps monoclonaux anti-CD20 largement utilisés dans le traitement de la maladie.

L’ocrelizumab, l’ofatumumab (Kesimpta) et l’ublituximab (Briumvi) offrent un contrôle à long terme efficace de la SEP récurrente, et l’ocrelizumab est le seul traitement approuvé pour les formes primaires et progressives de la maladie, ont précisé les auteurs de l’étude. Bien que ces médicaments partagent une cible commune, la question de savoir si leurs profils de sécurité et d’efficacité sont comparables reste un sujet de débat.

Les résultats de l’analyse ont révélé que les patients sous rituximab avaient un taux d’hospitalisation toutes causes plus de deux fois supérieur à celui des patients sous ocrelizumab (rapport de taux d’incidence [IRR] de 2,29 ; IC à 95 % : 1,37-3,82 ; P = 0,001 dans la cohorte de l’UCSF). Cette différence était encore plus marquée dans la cohorte de validation à l’échelle de l’UC, avec un IRR de 4,54 (IC à 95 % : 4,30-7,61 ; P < 0,001). Les rapports de risque cumulés (HR) étaient également significativement plus élevés chez les patients traités au rituximab dans les deux cohortes.

L’étude a également mis en évidence un risque accru d’hypogammaglobulinémie chez les patients recevant du rituximab (HR de 2,72 ; IC à 95 % : 1,18-6,29 ; P = 0,003 dans la cohorte de l’UCSF ; HR de 4,79 ; IC à 95 % : 2,04-11,25 ; P < 0,001 dans la cohorte à l'échelle de l'UC). Le risque d'infections courantes était également plus élevé chez les patients sous rituximab, bien que les chercheurs aient noté que la fréquence des infections dans les données de l'UC était inférieure à celle rapportée dans d'autres études, ce qui pourrait être dû au fait que les patients de cette cohorte ne consultaient que si les infections ne se résolvaient pas spontanément ou n'étaient pas traitées par des professionnels de santé non spécialisés.

Les chercheurs soulignent que le rituximab est parfois privilégié en raison de son coût inférieur. Cependant, ils estiment que leurs données suggèrent que les profils de sécurité des deux traitements ne sont pas identiques et que cette politique pourrait entraîner des coûts plus élevés à long terme en raison des effets indésirables et des hospitalisations. Ils appellent à des recherches supplémentaires pour élucider les mécanismes biologiques sous-jacents à ces différences de sécurité.

Références

  1. Cerono G, Cree BAC, Hauser SL, Baranzini SE. Profils de sécurité comparatifs de l’ocrelizumab et du rituximab dans le traitement de la sclérose en plaques à l’aide de preuves concrètes. Ann Neurol. Publié en ligne le 8 septembre 2025.
  2. Roos I, Hughes S, McDonnell G et al. Rituximab vs ocrelizumab dans la sclérose en plaques rémittente. JAMA Neurol. 2023;80(8):789-797.
  3. Nytrova P, Stastna D, Tesar A et al. Immunité après vaccination contre le SRAS-CoV-2 dans les troubles neurologiques auto-immuns traités par rituximab ou ocrelizumab. Front Immunol. 2023;14:1149629.

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