Édition française
En continu
---Advertisement---

Nouvelles

Un tribunal militaire de Rostov a condamné à la prison à vie huit accusés dans l’affaire de l’attentat à la bombe sur le pont de Crimée.

Publié le 27 novembre 2025 à 08h32. Huit personnes ont été condamnées à la prison à vie par un tribunal militaire russe pour leur implication dans l'explosion du pont de Crimée en octobre 2022, un incident majeur qui…

Un tribunal militaire de Rostov a condamné à la prison à vie huit accusés dans l’affaire de l’attentat à la bombe sur le pont de Crimée.

Publié le 27 novembre 2025 à 08h32. Huit personnes ont été condamnées à la prison à vie par un tribunal militaire russe pour leur implication dans l’explosion du pont de Crimée en octobre 2022, un incident majeur qui a frappé les infrastructures de la péninsule annexée et symbolisé une escalade du conflit.

Le tribunal militaire du district sud de Rostov-sur-le-Don a prononcé ces peines lourdes à l’encontre des huit accusés, reconnus coupables d’attentat terroriste et de transport d’explosifs. Roman Solomko et Artur Terchanyan ont également été jugés coupables de contrebande d’explosifs. Les condamnés devront purger une partie de leur peine en détention criminelle stricte.

Roman Solomko, un agriculteur de la région de Kherson, devra passer les sept premières années de sa peine en prison, le reste dans une colonie à régime spécial, et verser une amende de 700 000 roubles (environ 7 700 euros). Vladimir Zlob, Artur Terchanyan et Artem Azatyan ont écopé de la même amende et purgeront six ans de prison avant d’être transférés dans une colonie à régime spécial. Oleg Antipov, dirigeant d’une entreprise de logistique de Saint-Pétersbourg, et Grigory Azatyan ont été condamnés à une amende de 600 000 roubles (environ 6 600 euros), avec cinq ans de prison suivis d’une colonie à régime spécial. Alexander Bylin et Dmitry Tyazhelykh ont quant à eux écopé d’amendes de 550 000 et 500 000 roubles (environ 6 000 et 5 500 euros respectivement), avec également cinq ans de prison suivis d’une colonie à régime spécial.

Selon le service de presse du tribunal militaire, plus de 7 milliards de roubles (environ 77 millions d’euros) ont été ordonnés en compensation aux victimes pour les dommages matériels et moraux, dont 14,847 millions de roubles (environ 164 000 euros) pour le ministère de la Défense.

Les accusés ont tous nié leur culpabilité, affirmant ne pas avoir été au courant de la nature de la cargaison qu’ils transportaient et n’avoir fait que leur travail habituel. L’enquête suggère que les services spéciaux ukrainiens ont utilisé un réseau de personnes, souvent à leur insu, pour acheminer l’explosif utilisé dans l’attentat.

L’accusation affirme que Roman Solomko a joué un rôle clé dans l’établissement d’une route de livraison pour des explosifs, en trouvant un moyen de faire transiter du matériel agricole commandé en Chine via le territoire russe vers la région occupée de Kherson. C’est là que Mikhaïl Tsyurkalo, recherché par Interpol pour son implication dans l’attentat, est entré en jeu, contactant Solomko par l’intermédiaire de Denis Kovac pour lui proposer de transporter une cargaison de films de construction en provenance de Bulgarie.

Le film a ensuite été transporté par camion par Artur Terchanyan, un citoyen arménien, à travers l’Arménie et la Géorgie, franchissant avec succès trois contrôles douaniers. À Armavir, la cargaison a été déchargée dans un entrepôt appartenant à Artyom et Georgy Azatyan, suite à un accord préalable avec Vladimir Zlob, un contact de Roman Solomko. Le chauffeur Mahir Yusubov, décédé dans l’explosion, a ensuite récupéré la cargaison pour la livrer, sur commande d’Oleg Antipov, dirigeant de la société de logistique TEK-34 basée à Saint-Pétersbourg.

Dmitri Tyazhelykh, quant à lui, est accusé d’avoir fourni un numéro de téléphone utilisé pour les communications secrètes liées à l’attentat. Il exploitait un service de vente de numéros de téléphone virtuels et affirme n’avoir eu aucun contrôle sur l’utilisation qui en était faite.

L’explosion sur le pont de Crimée, survenue le 8 octobre 2022 vers 6 heures du matin, a causé la mort du chauffeur du camion piégé et de quatre autres personnes. La partie automobile du pont s’est partiellement effondrée dans l’eau. Les autorités russes ont immédiatement accusé les services spéciaux ukrainiens d’être responsables de l’attentat, affirmant que l’explosif avait été acheminé via la Bulgarie, l’Arménie et la Géorgie. Le chef du SBU, Vasily Malyuk, a confirmé dans une interview à Novaïa Gazeta avoir orchestré l’opération, impliquant 21 tonnes d’explosifs dissimulées dans des rouleaux de film plastique.

L’affaire du pont de Crimée est officiellement close depuis le début de 2025, selon le tribunal militaire du district sud.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.