La Bourse américaine a connu une journée en montagnes russes mercredi, avec un rebond initial rapidement freiné par des mouvements inhabituels sur le marché de la volatilité. Si l’indice S&P 500 a gagné près de 70 points de base en début de séance, il a ensuite cédé une partie importante de ses gains dans les dernières minutes de négociation, signalant une dynamique sous-jacente plus complexe qu’une simple reprise du marché.
L’activité récente semble avoir été principalement motivée par des ventes massives de contrats liés à la volatilité, et non par un réel engouement des investisseurs pour l’achat d’actions. L’indice de volatilité CBOE (VIX), baromètre de la peur des investisseurs, a affiché des signaux contradictoires : une baisse globale, mais une augmentation de son indice de volatilité à court terme (VIX 1-Day), clôturant à 14,7. Cette divergence suggère une volatilité initiale accrue, tandis que les anticipations de volatilité à plus long terme diminuaient.
Une analyse plus approfondie des données du CBOE révèle que la baisse du VIX est en partie attribuable à un affaiblissement du « biais d’achat », c’est-à-dire une diminution de la demande de protection contre une baisse des marchés. Par ailleurs, l’écart entre les prix d’achat et de vente des contrats sur la volatilité s’est creusé, indiquant une réduction plus agressive de la volatilité à la baisse qu’à la hausse. Cette situation a mécaniquement fait grimper l’indice, sans pour autant refléter une véritable demande d’actions.
Les experts soulignent que le rallye observé ces derniers jours pourrait être davantage lié à des facteurs techniques et à la semaine de négociation raccourcie qu’à une conviction haussière des investisseurs. La diminution de la volatilité des composantes individuelles de l’indice (VIXEQ) par rapport au VIX global confirme que la hausse n’est pas généralisée. De plus, la contraction de l’écart entre l’indice de dispersion et l’indice de corrélation implicite – un phénomène historiquement associé à des baisses du S&P 500 – constitue un signal d’alerte.
L’attention se porte désormais sur les prochains jours, avec des échéances importantes de titres du Trésor américain prévues les 28 novembre (52 milliards de dollars) et 1er décembre (84 milliards de dollars supplémentaires). Ces règlements, combinés à des remboursements nets prévus les 2 et 4 décembre, pourraient entraîner un drain de liquidités sur les marchés, resserrant les taux de financement et les conditions générales de liquidité.
Par ailleurs, la configuration actuelle du marché, caractérisée par un « gamma » fortement positif et des zones de résistance gamma autour de 6 850 et 6 900 points, pourrait inciter les teneurs de marché à vendre les hausses et à acheter les baisses. Si l’indice venait à passer sous la barre des 6 800 points, le support serait limité jusqu’à environ 6 500 points, avec une zone de retournement gamma située entre 6 750 et 6 800 points. Dans un tel scénario, une baisse pourrait s’accélérer rapidement en raison du manque de soutien et de la faible liquidité.
En conclusion, les gains récents semblent davantage le résultat de mouvements mécaniques liés à la volatilité qu’à une véritable confiance des investisseurs. La prudence reste de mise, car les échéances de titres du Trésor à venir et les conditions de liquidité potentiellement plus serrées pourraient rendre le marché vulnérable à un retournement de tendance. La situation réelle du marché ne sera pleinement claire qu’après la séance de lundi.