Publié le 28 novembre 2025 07:56:00. Le président russe Vladimir Poutine a affirmé être prêt à formaliser par écrit une garantie de non-agression envers les autres pays européens, tout en réitérant ses conditions pour une fin du conflit en Ukraine et en contestant la légitimité du gouvernement Zelensky.
- Vladimir Poutine propose de garantir par écrit que la Russie n’attaquera aucun autre pays européen.
- Il conditionne la fin de la guerre en Ukraine au retrait des troupes ukrainiennes de l’est du pays et remet en question la légitimité du président Zelensky.
- Les États-Unis ont présenté un plan de paix en 28 points, actuellement en discussion avec l’Ukraine et la Russie.
S’exprimant lors d’un sommet de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) à Bichkek, au Kirghizistan, le président Poutine a qualifié de « mensonge » et d’« absurdité totale » les accusations selon lesquelles Moscou aurait des intentions agressives envers d’autres nations européennes. Il a déclaré que la Russie était disposée à consigner cette garantie par écrit, si cela pouvait apaiser les inquiétudes.
« La vérité est que nous n’avons jamais eu l’intention de faire cela. Mais s’ils veulent l’entendre de notre part, eh bien, nous le documenterons. Cela ne fait aucun doute. »
Vladimir Poutine, président russe
Cette proposition intervient alors que les dirigeants européens restent sceptiques face aux assurances russes, rappelant que M. Poutine avait par le passé nié toute intention d’envahir l’Ukraine avant de lancer l’offensive en février 2022. Une analyse d’Al Jazeera de 2022 soulignait déjà ce scepticisme.
Concernant l’Ukraine, M. Poutine a exprimé son optimisme quant au plan de paix soutenu par les États-Unis, le considérant comme une « base possible pour de futurs accords ». Cependant, il a réaffirmé que toute solution durable exige le retrait des troupes ukrainiennes des régions de Donetsk et de Louhansk, dans le Donbass, y compris des zones actuellement non contrôlées par les forces russes.
« Les troupes ukrainiennes doivent se retirer des territoires qu’elles occupent actuellement – alors les combats cesseront. S’ils ne se retirent pas, nous y parviendrons par des moyens militaires. »
Vladimir Poutine, président russe
Kiev a averti qu’un tel retrait laisserait sa capitale vulnérable à une attaque russe. Le chef de cabinet du président ukrainien, Andriy Yermak, a déclaré que Zelensky « ne cédera pas de territoire », comme le rapporte le magazine américain The Atlantic.
M. Poutine a également remis en question la légitimité du gouvernement ukrainien, affirmant que le président Zelensky avait perdu son statut légal en ne tenant pas d’élections après l’expiration de son mandat en mai 2024. Kiev justifie l’absence d’élections par la loi martiale en vigueur et la nécessité de défendre le territoire national. Le parlement ukrainien a d’ailleurs confirmé la légitimité de Zelensky en février dernier.
Le président russe a ajouté que tout accord de paix devrait être reconnu par la communauté internationale et impliquer la reconnaissance des gains territoriaux russes en Ukraine.
Les États-Unis ont récemment dévoilé un plan de paix en 28 points pour l’Ukraine, initialement perçu comme favorable à la Russie. Ce plan a depuis été modifié en concertation avec l’Ukraine, notamment en supprimant des dispositions concernant la taille de l’armée ukrainienne et l’amnistie pour les crimes de guerre.
Des délégations ukrainiennes et américaines devraient se rencontrer prochainement à Washington pour affiner une formule de paix, tandis que des représentants américains, dont l’envoyé spécial de l’ancien président Trump, Steve Witkoff, se rendront à Moscou la semaine prochaine pour poursuivre les discussions, notamment sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine et l’Europe. M. Poutine a indiqué que sa délégation soulèvera la question du contrôle russe sur la Crimée et d’autres territoires ukrainiens.
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