Publié le 28 novembre 2025 à 23h10. Les sommets du G20 et de la COP30 ont marqué une avancée significative dans la mobilisation de financements mixtes – combinant capitaux publics et privés – pour accélérer la lutte contre le changement climatique et soutenir les économies émergentes. Ces initiatives visent à réduire les risques liés aux investissements verts et à débloquer des milliards de dollars pour des projets essentiels.
- Les négociations à la COP30 et au G20 ont abouti au lancement de deux cadres majeurs pour gérer les risques d’investissement dans les projets climatiques des marchés émergents.
- L’accent est de plus en plus mis sur le financement des infrastructures énergétiques et des réseaux électriques, nécessaires pour rendre les énergies renouvelables réellement efficaces.
- L’intelligence artificielle agentique, capable d’agir de manière autonome, transforme le secteur bancaire, mais soulève des questions cruciales en matière de gouvernance et de gestion des risques.
Dans le cadre de la COP30, le « Paquet de Belém » a été adopté le 22 novembre, lançant l’initiative FINI (Fostering Investible National Implementation). Ce mécanisme vise à rendre les plans nationaux d’adaptation investissables, en ciblant un portefeuille de projets d’infrastructures et de systèmes d’eau résilients d’une valeur de 1 000 milliards de dollars (environ 927 milliards d’euros) d’ici 2028. Parallèlement, lors du sommet du G20, les dirigeants ont approuvé la « Mission 300 », un instrument financier destiné à connecter 300 millions de personnes à l’électricité grâce à des micro-réseaux du secteur privé.
La Déclaration de Johannesburg, issue du G20, établit également un cadre pour les minéraux critiques, afin de garantir des chaînes d’approvisionnement transparentes par le biais de partenariats commerciaux plutôt que par des aides d’État. Les pays se sont également engagés à mettre en place des outils de gestion des risques préétablis, tels que l’assurance paramétrique et des pools de risques régionaux, pour aider les nations à faire face aux chocs climatiques.
Ces mécanismes s’inscrivent dans la continuité du plan technique détaillé dans un récent livre blanc du Forum économique mondial, Du risque à la récompense : libérer des capitaux privés pour le climat et la croissance. Ce document souligne la nécessité d’outils spécifiques de partage des risques pour rendre les projets climatiques commercialement viables. Comme le souligne le livre blanc, « il n’y a pas de solution miracle… Il s’agit de transformer l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, de la stabilité macroéconomique à la préparation du projet, de manière globale et coordonnée ».
L’attention se déplace désormais du simple ajout de capacités de production d’énergies renouvelables au financement des systèmes et des infrastructures de base qui rendent ces énergies utilisables. Lors de la COP30, les membres de l’Alliance Utilities for Net Zero (UNEZA) ont augmenté leurs engagements d’investissements dans la transition énergétique de plus de 25 %, atteignant près de 150 milliards de dollars (environ 139 milliards d’euros). Un investissement estimé à 1,24 dollar (environ 1,15 euro) sera consacré aux réseaux et au stockage pour chaque dollar (environ 0,92 euro) dépensé dans une nouvelle production d’énergie renouvelable, signalant un changement majeur de priorités.
Il est de plus en plus reconnu que le renforcement des réseaux électriques, du stockage, de la numérisation et de la réponse à la demande est essentiel pour répondre à la demande croissante d’électricité. La flexibilité du système devient donc une priorité, permettant au réseau électrique de se développer tout en maintenant sa sécurité et sa résilience. Pour les institutions financières, cela représente une opportunité d’investir dans les réseaux de transport et de distribution, le stockage, les actifs de flexibilité du réseau et les technologies d’équilibrage du système, offrant des flux de revenus stables et une exposition aux segments à forte croissance du secteur énergétique.
Le Forum économique mondial a lancé un nouveau groupe de travail sur la finance dans le cadre de l’initiative L’avenir des systèmes électriques. Ce groupe rassemblera des institutions financières, des acteurs du secteur de l’électricité et des décideurs politiques pour identifier les cadres d’investissement et les réglementations nécessaires pour orienter les capitaux vers des systèmes électriques modernes et flexibles.
Neuf pays ont approuvé le nouvel accélérateur RAIZ du Brésil, un programme soutenu par l’ONU pour restaurer à grande échelle les terres agricoles dégradées et promouvoir des systèmes agricoles résilients au climat. Le sommet a également vu le lancement d’initiatives d’adaptation fondées sur la nature, soulignant la nécessité d’améliorer la sécurité de l’eau, de restaurer les écosystèmes et de soutenir les communautés touchées par la dégradation des terres. Ces développements témoignent d’une attention internationale croissante portée à l’alimentation, à la nature et aux systèmes fonciers comme piliers centraux de l’adaptation au climat.
Par ailleurs, des enquêtes récentes révèlent que l’intelligence artificielle générative est passée de la phase expérimentale à un déploiement à grande échelle dans les entreprises, ouvrant la voie à l’IA agentique – des systèmes autonomes capables de raisonner, de décider et d’agir de manière indépendante. Le Rapport Capgemini sur le cloud mondial révèle que 33 % des banques développent en interne des agents d’IA propriétaires (10 % étant déjà opérationnels), déployant des systèmes de détection automatisée des fraudes et des prêts.
L’Inde se positionne comme un pôle majeur dans ce domaine, avec 58 % des centres de capacités mondiaux (CCG) investissant dans l’IA agentique, selon l’Enquête EY Inde GCC Pulse 2025. Les investissements se concentrent sur des tâches complexes et à forte valeur ajoutée, telles que le service client (65 %), la finance (53 %) et les opérations (49 %).
Cependant, cette adoption rapide nécessite une refonte fondamentale de la gestion des risques, selon un nouveau rapport du Forum économique mondial et de Capgemini. Ce rapport, Agents d’IA en action : fondements de l’évaluation et de la gouvernance, met en garde contre les risques liés à l’octroi d’un « pouvoir transactionnel » aux agents, tels que la souscription autonome de prêts ou la négociation de règlements. Il préconise un modèle de « gouvernance progressive », dans lequel la surveillance humaine est proportionnelle à la capacité de l’agent à déplacer des fonds.
Enfin, plusieurs autres actualités financières méritent d’être soulignées. Reuters rapporte que les grandes valeurs technologiques américaines accaparent une part croissante de la valeur marchande, mais contribuent de moins en moins aux bénéfices globaux, créant un écart entre les prix et les bénéfices. La Banque centrale européenne a exhorté les banques de la zone euro ayant d’importantes opérations en dollars américains à renforcer leurs réserves de liquidité et de fonds propres en raison de la volatilité du dollar. Le Financial Times signale que les entreprises accumulant des bitcoins se déchargent de leurs avoirs, exacerbant la chute des cours des cryptomonnaies. Le ministre britannique des Finances a annoncé une série d’augmentations d’impôts pour lever plus de 26 milliards de livres sterling par an d’ici 2029/30, tout en révisant à la baisse les perspectives économiques du pays. Tokyo a lancé une révision des subventions et des allégements fiscaux, suscitant des inquiétudes quant à la discipline budgétaire et exerçant des pressions sur le yen.
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