Publié le 29 novembre 2023 14:35:00. Des chercheurs australiens ont réalisé une avancée majeure dans la compréhension de la communication cellulaire en décodant la composition moléculaire des vésicules extracellulaires, de minuscules messagers présents dans le sang. Cette découverte pourrait ouvrir la voie à de nouveaux tests sanguins pour la détection précoce de maladies, notamment cardiaques.
- Les scientifiques du Baker Heart and Diabetes Institute ont cartographié le schéma moléculaire complet des vésicules extracellulaires (VE).
- Ils ont identifié 182 protéines et 52 lipides qui définissent la structure de ces particules messagères.
- Une base de données publique, EVMap, a été créée pour faciliter la recherche dans ce domaine.
Longtemps considérées comme un mystère, les vésicules extracellulaires (VE) sont de minuscules particules nanométriques présentes dans le sang. Elles agissent comme des messagers entre les cellules, transportant des informations cruciales sur l’état de santé de l’organisme. Isoler ces VE du sang, un milieu complexe contenant de nombreux autres éléments comme le cholestérol et les anticorps, représentait un défi scientifique de taille.
« Ces vésicules sont comme de minuscules enveloppes envoyées entre les cellules, fournissant des mises à jour moléculaires sur ce qui se passe à l’intérieur du corps », explique Alin Rai, chercheur postdoctoral au Baker Institute. Grâce à une technique d’isolement ultra-pur et un profilage multiomique, l’équipe a réussi à identifier les composants clés de ces messagers cellulaires.
Les résultats, publiés dans la revue Nature Cell Biology, révèlent la composition moléculaire précise des VE, incluant 182 protéines et 52 lipides qui constituent leur structure fondamentale. Ils ont également identifié des molécules permettant de décoder la communication cellulaire. Pour faciliter l’accès à ces données, les chercheurs ont développé EVMap, une base de données en libre accès pour la communauté scientifique internationale.
« En décodant ce langage moléculaire, nous pouvons commencer à lire les propres rapports de santé du corps », affirme le professeur David Greening, également du Baker Institute. L’équipe a déjà identifié des signatures spécifiques dans les VE associées à une maladie cardiaque précoce.
« Nous avons déjà identifié des signatures EV liées à une maladie cardiaque précoce, ce qui pourrait ouvrir la voie à de simples tests sanguins permettant de prédire le risque bien avant l’apparition des symptômes », précise Greening. Cette avancée pourrait permettre une prise en charge plus précoce et plus efficace des maladies cardiaques.