Les marchés financiers retiennent leur souffle à l’approche d’une semaine cruciale de publications économiques, susceptibles de remettre en question les espoirs d’une baisse des taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine (Fed) en décembre. Des indicateurs clés aux États-Unis, mais aussi en Europe, en Australie et au Canada, seront scrutés à la loupe par les investisseurs.
Après une période de signaux mitigés, l’idée d’une baisse de 25 points de base (0,25%) lors de la réunion du 10 décembre a gagné du terrain, atteignant près de 80% de probabilité. Ce revirement s’explique en partie par des déclarations plus conciliantes de certains responsables de la Fed, dont John Williams, président de la Fed de New York, et par des données économiques récentes qui suggèrent un ralentissement de l’économie américaine.
Cependant, Jerome Powell, le président de la Fed, a souligné que les décideurs ne disposeront pas des derniers chiffres de l’emploi et de l’inflation au moment de leur décision. C’est pourquoi les publications de la semaine prochaine seront particulièrement déterminantes, pouvant potentiellement ramener les probabilités d’une baisse des taux à 50% ou plus.
Lundi, l’attention se portera sur l’indice PMI manufacturier de l’ISM pour novembre. Le secteur manufacturier américain est en contraction depuis mars, en raison de l’incertitude liée aux droits de douane et aux possibles représailles commerciales. L’indice des prix manufacturiers, qui a chuté de près de 70 à 58 en octobre, soulève des questions quant à l’impact inflationniste des tarifs douaniers. En revanche, l’indice des prix des services reste élevé, autour de 70, ce qui suggère que les pressions sur les prix intérieurs maintiennent l’inflation à environ 3%.
Quelques jours plus tard, l’indice PMI des services sera publié. Une nouvelle hausse de l’activité dans le secteur des services renforcerait les partisans d’une politique monétaire restrictive, tandis qu’une baisse soudaine à 50 ou en dessous plaiderait en faveur d’une baisse des taux.
Mercredi, le rapport sur l’emploi d’ADP sera scruté, en l’absence des chiffres officiels de novembre, dont la publication est prévue le 16 décembre. En octobre, 42 000 emplois ont été créés, un chiffre supérieur aux attentes. Toute surprise, à la hausse ou à la baisse, pourrait influencer les anticipations concernant la politique monétaire de la Fed.
Jeudi, les chiffres des licenciements de Challenger fourniront une indication supplémentaire sur la santé du marché du travail américain. Bien que la Fed ne semble pas particulièrement préoccupée par les récentes annonces de suppressions d’emplois, une augmentation significative du nombre de licenciements pourrait alimenter les craintes d’un affaiblissement du marché du travail.
Enfin, vendredi, l’indice PCE (Personal Consumption Expenditures), indicateur d’inflation privilégié par la Fed, sera publié pour le mois de septembre. L’indice global devrait augmenter légèrement à 2,8% sur un an, tandis que l’indice de base des prix PCE devrait rester stable à 2,9% sur un an. Bien que la Fed attendra avec impatience les données de novembre, le rapport de septembre sera scruté pour obtenir des indications supplémentaires.
Par ailleurs, plusieurs autres publications économiques sont à l’agenda. En Australie, les chiffres du PIB du troisième trimestre seront publiés mercredi, mais ils devraient avoir un impact limité sur les attentes concernant la politique monétaire de la Reserve Bank of Australia (RBA), compte tenu de la récente hausse de l’inflation et de la reprise du marché du travail. Le dollar australien sera davantage influencé par le sentiment de risque mondial et les chiffres PMI chinois.
Au Canada, les chiffres de l’emploi de vendredi seront déterminants pour la Banque du Canada. Si l’économie continue de créer des emplois, les chances d’une nouvelle baisse des taux s’amenuiseront. Enfin, dans la zone euro, l’indice des prix à la consommation (IPC) de novembre, attendu mardi, devrait rester stable à 2,1%, confirmant la position neutre de la Banque centrale européenne (BCE).