Publié le 30 novembre 2023 00:04:00. La décision du Conseil national électoral (CNE) concernant la campagne présidentielle de 2022 est de nouveau remise en question, cette fois en raison des liens passés de l’un de ses juges, Jorge Iván Acuña, avec le président Gustavo Petro. Des révélations sur son rôle d’avocat pour Petro soulèvent des questions sur son impartialité.
- Jorge Iván Acuña, co-juge désigné pour examiner la campagne présidentielle de 2022, a représenté Gustavo Petro devant diverses instances administratives et judiciaires entre 2014 et 2016, alors que ce dernier était maire de Bogotá.
- Cette information a suscité des interrogations quant à la nécessité pour Acuña de se récuser, compte tenu de son implication antérieure dans la défense des intérêts de Petro.
- L’affaire intervient après un débat similaire concernant un autre co-juge, Majer Nayi Abushihab, accusé de partialité pour avoir travaillé sur la campagne de Federico Gutiérrez en 2022.
La polémique autour de la campagne présidentielle de Gustavo Petro en 2022 s’intensifie avec l’émergence d’informations concernant le passé professionnel de Jorge Iván Acuña. Désigné comme co-juge par le Conseil national électoral (CNE) pour trancher sur d’éventuelles violations des règles de financement et l’utilisation de sources non autorisées, Acuña a précédemment agi en tant qu’avocat pour le président Petro, notamment lorsqu’il était maire de Bogotá.
Entre 2014 et 2016, Acuña a défendu Petro devant différentes instances administratives et judiciaires. Cette révélation a immédiatement soulevé des questions quant à son impartialité et à la pertinence de sa participation à la décision concernant la campagne présidentielle. Il n’a pas, à ce jour, expliqué pourquoi il n’avait pas déclaré de conflit d’intérêts.
Acuña a été appelé à remplacer la juge Fabiola Márquez, exclue du processus. Son parcours professionnel inclut une expertise en droit administratif, en contentieux devant les juridictions administratives, et une expérience antérieure en tant que co-juge au CNE et au Conseil d’État.
L’annonce du rôle passé d’Acuña a provoqué des réactions dans le paysage politique colombien. Le maire de Medellín, Federico Gutiérrez, a notamment exprimé son opinion sur son compte X :
« Bonnes informations. Tout ce qu’il fait dans ce contexte n’est qu’un écran de fumée pour détourner l’attention. Le pays doit continuer à se concentrer sur les plus hauts responsables du gouvernement Petro qui sont des collaborateurs des FARC. Nous devons mettre fin aux FARC -Politique »
Federico Gutiérrez, maire de Medellín
Cette affaire intervient après un débat similaire concernant un autre co-juge, Majer Nayi Abushihab. Des accusations de partialité ont été portées contre lui, notamment par l’avocat Miguel Ángel del Río et le ministre de l’Intérieur, Armando Benedetti, qui ont souligné qu’il aurait dû se déclarer inapte à juger en raison de son travail en tant qu’avocat pour la campagne présidentielle de Federico Gutiérrez en 2022 et pour avoir déposé des plaintes contre des membres du Pacte historique.
Le vote d’Abushihab, ainsi que celui d’Acuña, a contribué à la majorité nécessaire pour sanctionner la campagne Petro Presidente 2022, suite aux conclusions des juges d’instruction Benjamín Ortiz et Álvaro Hernán Prada. La sanction a établi un dépassement des limites de financement de plus de 3,5 milliards de pesos (environ 770 000 euros) et l’utilisation de sources de financement non autorisées. Les mesures ont été prises à l’encontre du directeur de campagne et actuel président d’Ecopetrol, Ricardo Roa, de la trésorière Lucy Mogollón, de la vérificatrice Mary Lucy Soto, ainsi que des communautés Colombia Humana et Unión Patriótica.
Les réglementations en vigueur, telles que l’article 11 du Code de procédure administrative et les dispositions du Code général de discipline, stipulent que les co-juges doivent se déclarer inaptes lorsqu’ils ont été autorisés ou ont émis un avis préalable en la matière.