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Does ‘laziness’ start in the brain? | Neuroscience

Pourquoi certains peinent-ils à trouver la motivation, même pour des tâches simples ? Des recherches récentes en neurosciences révèlent que l'apathie ne serait pas simplement une question de paresse, mais bien le résultat de dysfonctionnements cérébraux spécifiques, ouvrant…

Does ‘laziness’ start in the brain? | Neuroscience

Pourquoi certains peinent-ils à trouver la motivation, même pour des tâches simples ? Des recherches récentes en neurosciences révèlent que l’apathie ne serait pas simplement une question de paresse, mais bien le résultat de dysfonctionnements cérébraux spécifiques, ouvrant de nouvelles pistes pour aider ceux qui en souffrent.

Dans sa pratique clinique, le professeur Masud Husain, neurologue et neuroscientifique cognitif à l’Université d’Oxford, a rencontré David, un jeune homme autrefois dynamique et performant dans son entreprise. Soudain, il a perdu tout intérêt pour son travail et son entourage. « Je n’arrivais juste pas à me bouger », confiait-il, témoignant d’une indifférence totale face à son licenciement ultérieur et même à la possibilité de s’inscrire à l’allocation chômage.

Ses amis, qui lui ont offert l’hébergement, ont rapidement regretté leur geste. David passait ses journées sans rien faire, attendant qu’on lui prépare ses repas. Un antidépresseur, prescrit par son médecin traitant, n’a eu aucun effet. L’examen approfondi de son cas a révélé la cause : deux micro-accidents vasculaires cérébraux (AVC), situés de part et d’autre du cerveau, affectant les ganglions de la base, des structures cruciales pour la motivation.

Les ganglions de la base établissent un lien entre nos besoins, nos désirs et nos actions. Lorsqu’ils sont perturbés, l’initiation des actions devient difficile, même si la personne en est physiquement capable. David, par exemple, pouvait effectuer des tâches ménagères s’il était invité à le faire, mais ne faisait rien de son propre chef. Des études menées sur des personnes souffrant d’apathie montrent qu’elles ne trouvent souvent pas suffisamment de récompense dans l’effort à fournir, le coût perçu étant supérieur au bénéfice potentiel.

Dans certains cas, des médicaments stimulant le système dopaminergique cérébral peuvent restaurer la motivation. La dopamine, longtemps associée au plaisir, joue en réalité un rôle clé dans le système de récompense en incitant à rechercher les résultats jugés gratifiants. Le traitement de David a été concluant : après la prise d’un médicament stimulant les récepteurs de la dopamine, sa motivation est revenue, lui permettant de retrouver un emploi, son indépendance et même de trouver une partenaire, des perspectives qu’il n’aurait pas envisagées auparavant.

Ces observations cliniques ont conduit à des recherches plus larges. L’équipe du professeur Husain a réalisé des IRM cérébrales d’étudiants présentant des niveaux de motivation très différents. Des différences significatives ont été constatées dans l’activité cérébrale, notamment dans les régions impliquées dans la motivation. Il est important de noter que cette variation est naturelle et liée à des facteurs génétiques et environnementaux.

L’étude a révélé que les étudiants les plus apathiques mobilisaient davantage de ressources cérébrales lorsqu’ils devaient évaluer si une action en valait la peine. Prendre une décision concernant l’intérêt d’une tâche semble donc plus difficile pour eux, les incitant à l’éviter. Les chercheurs ont constaté que, contrairement aux personnes motivées, les individus apathiques hésitent plus longtemps face aux offres ambiguës, comme « six pommes pour 80 % d’effort ». Leur cerveau doit travailler davantage pour parvenir à une conclusion, et l’effort mental est perçu comme désagréable.

Quelles implications pour ceux qui sont considérés comme « paresseux » ? Il semble que les reproches ou les sermons soient inefficaces. La solution réside plutôt dans la réduction de la charge cognitive liée à l’évaluation de l’intérêt d’une activité. Planifier sa journée ou sa semaine à l’avance, par exemple, permet de structurer sa routine et d’éviter de devoir constamment se demander si chaque tâche vaut l’effort.

L’activité physique régulière (exercices aérobiques, danse, marche rapide) peut également avoir un impact positif sur la motivation, possiblement en stimulant le système dopaminergique. Des rappels externes, comme des alarmes sur un smartphone ou des objets placés stratégiquement (chaussures de course près de la porte), peuvent également encourager l’action. L’objectif ultime est de faciliter l’évaluation des coûts et des bénéfices, transformant ainsi un réflexe de refus en une ouverture à la possibilité de dire « oui ».

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.