Publié le 30 novembre 2025 18h40. Un chercheur amateur australien a découvert non pas de l’or, mais une météorite rare de 17 kg (37 livres) dans un parc régional, après des années d’efforts infructueux pour briser la roche.
- Une roche inhabituellement lourde découverte en 2015 s’est avérée être une météorite vieille de 4,6 milliards d’années.
- La météorite, baptisée « météorite de Maryborough », est un type de chondrite H5 ordinaire, offrant des indices sur les origines du système solaire.
- La découverte souligne la rareté des véritables météorites et leur valeur pour la recherche scientifique.
David Hole, passionné de détection de métaux, explorait le parc régional de Maryborough, dans l’État du Victoria, une région riche en histoire aurifère datant du XIXe siècle. En 2015, son détecteur a signalé la présence d’une roche rougeâtre, dense et compacte, enfouie dans de l’argile jaune. Son poids et son aspect l’ont immédiatement convaincu qu’elle pouvait contenir de l’or.
Animé par l’espoir d’une découverte lucrative, Hole a ramené la roche chez lui et a entrepris de la fracturer. Pendant des années, il a utilisé une scie à roche, une meuleuse, une perceuse et même de l’acide, mais tous ses efforts se sont avérés vains. La roche restait obstinément intacte, sans la moindre fissure.
Finalement, face à l’impasse, Hole a décidé de consulter des experts au Melbourne Museum, qui fait partie des Museums Victoria. Les géologues Bill Birch et Dermot Henry ont rapidement émis l’hypothèse qu’il ne s’agissait pas d’une roche ordinaire. Après des analyses approfondies, leurs soupçons se sont confirmés : l’objet n’était ni de l’or, ni un minéral terrestre, mais bien une météorite.
La météorite, pesant 17 kg, est une chondrite H5 ordinaire, un type de météorite caractérisé par de minuscules gouttelettes cristallisées appelées chondres. Ces chondres sont des vestiges du réchauffement soudain des nuages de poussière qui ont donné naissance au système solaire. Selon les chercheurs, la météorite s’est probablement formée dans la ceinture d’astéroïdes située entre Mars et Jupiter et a survécu à une longue série de collisions et de voyages interstellaires avant de finalement atterrir en Australie.
Les analyses ont révélé que la météorite a environ 4,6 milliards d’années, ce qui correspond à la naissance du système solaire. Bien que la date exacte de son impact sur Terre reste incertaine, les analyses au carbone 14 suggèrent qu’elle pourrait être tombée il y a entre 100 et 1 000 ans. Des observations de phénomènes lumineux dans la région entre 1889 et 1951 renforcent cette hypothèse d’une chute relativement récente.
Pour le chercheur Dermot Henry, les météorites sont de véritables capsules temporelles.
« Elles nous permettent d’étudier les matériaux qui se sont formés aux origines du système solaire, offrant des indices sur la composition chimique des planètes et les processus qui ont donné naissance à notre environnement actuel. »
Dermot Henry, chercheur
Elles contiennent souvent de la poussière d’étoiles, des acides aminés et même des éléments antérieurs à la formation de la Terre.
Cette découverte, qui a débuté comme une quête d’or, s’est transformée en une contribution inestimable à la science. Hole a passé des années à tenter de percer un mystère, ignorant que la résistance même de la roche était la clé de sa véritable valeur. Au lieu de l’or, il a trouvé un vestige venu de l’espace, conservant les traces intactes de l’origine du monde.
Comme le souligne Bill Birch, auteur principal de l’étude de la météorite, l’importance de cette découverte dépasse son âge.
« Penser à tous les événements que la roche a vécus avant d’arriver entre nos mains – les collisions, les déplacements, les transformations et des millions d’années d’histoire cosmique – est tout simplement incroyable. »
Bill Birch, auteur principal de l’étude