Certains enfants semblent vivre à 100 à l’heure, explorant le monde avec une énergie débordante… et parfois, un peu trop d’enthousiasme. Comment gérer ces petits explorateurs infatigables sans céder au découragement, et même tirer parti de leur curiosité naturelle ?
Claudia, mère d’un jeune garçon plein de vie, avoue qu’elle scrute chaque pièce avant d’y entrer, anticipant les potentielles catastrophes : meubles à escalader, nappes à tirer, objets à renverser. « Dès qu’il y a un bruit, je sais tout de suite que c’est lui », confie-t-elle. Son fils, Frido, est un véritable concentré d’énergie.
Frido, deux ans, ne se contente pas de jouer dans les piscines à balles : il plonge la tête la première, entraînant dans sa course au moins trois autres enfants. Malgré son tempérament vif, il reste un enfant adorable. Mais il est indéniablement un chercheur de danger, obligeant ses parents à une vigilance constante. Une simple sortie à la glacerie se transforme en course contre la montre, chacun prenant le relais pour surveiller Frido.
« Nous devons toujours être vigilants », explique Claudia. Ces enfants, plus enclins aux accidents, sont aussi très sociables et intrépides. Ils grimpent, sautent, explorent sans limites, et surtout, font ce qui leur plaît. Claudia et son mari ne souhaitent pas constamment interrompre et réprimander Frido, mais leur vocabulaire se résume souvent à des « Non ! » et des « Ne fais pas ça ! ». Selon Hans Berwanger, psychologue et conseiller pédagogique, ces enfants demandent trois à quatre fois plus d’attention et d’efforts parentaux que les autres.
Cette énergie débordante peut parfois compliquer les relations sociales. Lors d’une visite chez des amis, Frido a ainsi décidé de grimper sur un treillis dans un jardin soigné, suscitant l’intervention directe de l’ami, qui l’a redescendu de force. « Mon fils m’en a voulu », se souvient Claudia. Les parents se retrouvent souvent à devoir justifier le comportement de leur enfant, et peuvent être amenés à éviter certains lieux ou certaines compagnies. La question qui les taraude est toujours la même : pourquoi nous ?
Il est toutefois rassurant de savoir qu’une partie de cette soif d’expérimentation est d’origine génétique, un tempérament inné souvent hérité des parents. Hans Berwanger nuance cependant : l’observation d’un enfant particulièrement agité peut parfois être un signe précoce de trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), notamment si des difficultés de concentration ou de distinction des stimuli se manifestent. Un diagnostic précis n’est toutefois possible qu’à partir de trois ou quatre ans.
Quatre étapes pour mieux accompagner ces enfants
Comment aider ces petits explorateurs à s’épanouir en toute sécurité ? Voici quatre pistes à explorer :
- Renforcer la sécurité : Pendant les premières années, il est essentiel de sécuriser l’environnement : fixer les meubles, protéger les prises électriques, verrouiller les produits dangereux.
- Être clair et précis : Hans Berwanger recommande de se concentrer sur ce que l’enfant doit faire plutôt que sur ce qu’il ne doit pas faire, de poser peu de questions, et de décomposer les instructions en étapes simples. Par exemple, au lieu de dire « Range ta chambre », il est préférable de dire « Les cubes vont dans la boîte rouge. Les voitures sur l’étagère. ». Il est également utile d’adopter un ton calme et de se rapprocher physiquement de l’enfant en le regardant dans les yeux et en le touchant légèrement.
- Ralentir le rythme : Privilégier les pauses et limiter les activités. Organiser des moments de calme, réduire l’exposition à la télévision, et veiller à ce que l’enfant bénéficie d’un sommeil suffisant. Des chercheurs de l’Université de Haïfa ont même souligné qu’une hyperactivité excessive peut parfois être un symptôme de manque de sommeil.
- Changer de regard : Il est important de ne pas se focaliser uniquement sur le stress et les contraintes. Les parents de Frido, par exemple, soulignent à quel point leur fils est adorable et que chaque dégât est le signe d’une joie de vivre débordante. Hans Berwanger rappelle que ces enfants sont souvent appréciés plus tard pour leur originalité et leur créativité. Il préfère parler du « syndrome de Michel aus Lönneberga », en référence au célèbre personnage d’Astrid Lindgren, connu pour ses farces et ses idées saugrenues.
Comme Michel, Frido a ainsi réussi à coincer sa tête entre les barreaux d’un escalier historique lors d’un voyage au château d’Amras en Autriche, nécessitant l’intervention des pompiers pour le libérer !
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