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Gazoduc Afrique-Atlantique : la CEDEAO signe l’accord intergouvernemental

by Nicolas Lefèvre
L'ONHYM et la NNPC : la fin des études techniques

Le dimanche 19 juillet 2026, les chefs d’État de la CEDEAO ont signé à Freetown l’Accord Intergouvernemental (IGA) pour le Gazoduc Afrique-Atlantique. Ce projet de 25 milliards de dollars reliera les réserves nigérianes au Maroc et à l’Europe, officialisant l’adhésion collective des États membres de l’organisation régionale à l’infrastructure.

Ce n’est plus une simple vision diplomatique. En signant l’Accord Intergouvernemental à Freetown, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a transformé une initiative entre Rabat et Abuja en un cadre juridique communautaire. Selon Le360, cette étape confère au chantier une sécurité légale absolue en intégrant le projet dans les processus décisionnels internes de l’organisation.

L’enjeu est massif : un tracé d’environ 6 900 kilomètres selon Atalayar, bien que d’autres sources comme Industries évoquent un tracé de 5 700 kilomètres. Ce corridor doit acheminer le gaz naturel du delta du Niger vers le Maroc, pour être ensuite raccordé au réseau gazier européen via le Gazoduc Maghreb-Europe.

L’ONHYM et la NNPC : la fin des études techniques

Le projet quitte désormais la phase préparatoire. Ce feu vert technique permet d’engager le développement opérationnel sur le terrain.

L'ONHYM et la NNPC : la fin des études techniques
Photo: LNT

Le financement et la gouvernance s’organisent autour de deux pôles. Une société de projet sera établie à Casablanca, tandis que la future autorité de gouvernance, la Pipeline Higher Authority, sera installée à Abuja, rapporte LNT. Ces structures sont les préalables nécessaires à la mobilisation des investisseurs internationaux et à la décision finale d’investissement.

Un investissement de 25 milliards de dollars et ses capacités

Le coût global est estimé à 25 milliards de dollars. L’infrastructure vise une capacité de transport de 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an.

Un investissement de 25 milliards de dollars et ses capacités
Photo: Le360
Destination du gaz Volume estimé (mètres cubes/an)
Maroc et Marché Européen Jusqu’à 15 milliards
Besoins des pays d’Afrique de l’Ouest Reste de la capacité (15 milliards)

Pour le Nigeria, premier détenteur de réserves gazières d’Afrique avec plus de 200 000 milliards de pieds cubes (Tcf), l’intérêt est de diversifier ses exportations sans dépendre uniquement du gaz naturel liquéfié (GNL). Pour les pays traversés, comme le Bénin, le Togo ou le Sénégal, l’accès au gaz pourrait stimuler des industries lourdes comme la pétrochimie, la sidérurgie ou la production d’engrais, selon Industries.

De la vision de 2016 à l’échéance 2031

Le projet s’est construit sur une décennie. Tout commence en décembre 2016 lors de la visite du roi Mohammed VI au Nigeria. S’ensuivent un accord de coopération en mai 2017 entre l’ONHYM et la NNPC, puis la signature de trois accords bilatéraux à Abuja en juin 2018.

Freetown : Les pays de la CEDEAO adhèrent au Gazoduc Africain Atlantique Nigéria-Maroc

Le calendrier prévisionnel s’établit désormais ainsi :

  • Automne 2026 : Signature conjointe de l’accord par le Maroc et la Mauritanie (États non-membres de la CEDEAO) en présence du président nigérian Bola Ahmed Tinubu.
  • 2029 – 2031 : Période envisagée pour les premières livraisons de gaz.

Un levier politique pour la CEDEAO et le Maroc

L’adhésion de la CEDEAO à Freetown est perçue comme une victoire tangible pour l’organisation, qui peine parallèlement à réformer sa force d’intervention régionale, note Atalayar. Pour le Maroc, le projet complète une architecture logistique incluant Tanger Med et les investissements dans l’hydrogène vert.

La prochaine étape critique sera le bouclage du financement international et la signature formelle entre le Maroc, la Mauritanie et le Nigeria au cours du dernier trimestre 2026.

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